Sophie no sekai (le monde de Sophie)

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lundi 8 mars 2010

Madadayo

Madadayo d'Akira Kurosawa

En 1943, lorsque le professeur Uchida décide de prendre sa retraite pour se consacrer à l'écriture, ses élèves, qui lui vouent une admiration sans borne décident d'organiser chaque année une grande fête regroupant tous ses anciens élèves. Le rituel est immuable: le professeur prononce un discours puis boit une grande chope de bière à la fin de laquelle il doit prononcer sans faiblesse l'expression "Madadayo" : "pas encore prêt" (à mourir).

Entre ces cérémonies, qui sont une sorte de fil rouge, le film dévoile la vie de l'ancien professeur, ses petits bonheurs (le thé avec ses anciens étudiants), et ses malheurs (la perte de sa maison bombardée, la fuite de son chat...). Le film s'achève 17 ans plus tard lorsque au cours de la grande fête annuelle, le vieux professeur fait une attaque. Au bord de la mort, il repense à son enfance en rêve.
La première impression de Stan est qu'il s'agit d'un film triste. J'ai trouvé au contraire qu'il y avait beaucoup de joie, de tendresse et d'espoir dans ce film, sans pour autant sombrer dans le larmoyant.

vendredi 26 juin 2009

Tokyo électrique

Pour peu qu’on s’intéresse à la littérature japonaise en France, les noms de Ryu et Haruki Murakami, Yoko Ogawa, Yasunari Kawabata, Yukio Mishima, Yasushi Inoué, deviennent vite familiers. Mais il peut être difficile d’élargir cet horizon, car souvent dans les librairies, seuls ces écrivains sont représentés. Un éditeur français a eu la bonne idée de passer commande de 5 textes auprès d’auteurs connus au Japon mais pas en France. Le fil rouge : Tokyo, ses quartiers, ses lumières, ses habitants...

Parce qu’elle demande une vision centrée sur le détail et le mouvant plutôt que sur le monumental et l’éternel Tokyo est depuis longtemps l’héroïne des romanciers japonais qui en donnent à lire une image multiple et envoûtante. Des boîtes de nuit, des bars, des dancings à Shinjuku. Une prostituée philippine, un commissariat de police, la peluche Pi-PO. Un peu d’amour, beaucoup de rêves, une femme qui n’arrive pas à prendre le train et une autre qui réapparaît brusquement. Autant d’éclats d’histoires qui, de nuit comme de jour, illuminent la ville de Tokyo et en dessinent la géographie sentimentale.

De belles histoires qui donnent envie d'aller un peu loin avec ces auteurs...
Pour une anthologie, voir ce blog.

mardi 31 mars 2009

Totto-chan, la petite fille à la fenêtre

Tetsuko Kuroyanagi anime depuis près de 30 ans un talk-show quotidien au Japon Le salon de Tetsuko. Elle est également actrice et ambassadrice de l'Unicef depuis 1984. Aujourd’hui, je vous présente son livre autobiographique grâce auquel elle est l'une des rares japonaises à être connue en dehors de ses frontières.

Totto-chan, six ans, est incapable d'observer les règles fixées en classe par son institutrice et se fait renvoyer de son école. Ses parents décident alors de l'inscrire à Tomoe un établissement privé incroyable. Là, les enfants apprennent autant qu'ils s'amusent, découvrent et s'imprègnent de choses essentielles. Ecole de la dernière chance pour Totto-chan, Tomoe est l'école de la vie.
Le livre, écrit simplement, à la manière d’une petite fille de six ans, est truffé d’anecdotes drôles et touchantes. Certains le trouveront peut être un peu naïf, d’autres y verront une référence pour une éducation alternative… Personnellement, j’y ai retrouvé beaucoup du Japon d’aujourd’hui et de l’imprégnation de sa culture au quotidien : les visites au temple, la calligraphie, les onsens, les bentos, la fête des sports... On y fait même une excursion au temple des ronins.
S’il n’y avait pas les références aux poinçonneurs du métro et aux bombardements sur Tokyo, on oublierait complètement que l’histoire se passe dans les années 40

Merci Laure

mardi 17 mars 2009

Shara

Shara de Naomi Kawase

Kei et Shun sont deux frères jumeaux qui aiment à jouer dans les rues de Nara. Un jour, Kei disparait. 10 ans plus tard, on retrouve Shun et sa famille dans leur vie au quotidien. Le traumatisme est toujours présent mais la vie continue oscillant sans arrêt entre deux extrêmes : la mort au début et la naissance à la fin, la joie et les pleurs, le soleil et la pluie, l’ombre et la lumière, le mouvement et l’inaction enfin l’oubli et la mémoire.
L’histoire filmée caméra à l’épaule avec de longs plans séquences nous plonge dans une ambiance particulière qui pourra décourager certains. Dommage car le personnage de Shun est magnifiquement interprété, et certaines scènes nous plongent dans un Japon que l’on voit peu au cinéma, comme la parade de rue à laquelle Kawase consacre plus de 10 minutes.

Retrouvez d'autres synopsis sur notre site ici.

mardi 3 mars 2009

Les bébés de la consigne automatique

Pas trop le temps de me balader dans les rues de Tokyo ces derniers temps. Allez savoir pourquoi...
J'ai donc décidé de vous faire part de mes dernières découvertes en matière de littérature japonaise, films nippon et de ressortir des photos jamais publiées. Je vais également revenir un peu sur l'actualité des derniers mois au Japon. Aujourd'hui je commence par le livre d'un auteur japonais largement publié à l'étranger
Les bébés de la consigne automatique de Murakami Ryû

Deux bébés, abandonnés sont retrouvés le même jour dans des casiers de consigne automatique. Cette origine commune va les unir à l’orphelinat puis dans leur famille d’adoption. Leurs chemins se séparent lorsque Hashi décide de partir à Tokyo. Il finira par croiser à nouveau son frère adoptif Kiku qui ne pense trouver le salut que dans la destruction de cette société où il n’a pas sa place.
Cette histoire se passe en partie dans un Tokyo fictif des années 80. Le quartier où nous habitons, Shinjuku, est devenu une zone polluée interdite où se regroupent tous les déshérités (style : la cour des miracles). Kiku a découvert l’existence d’une plante, la datura, dont l’extrait pousse les gens à une démence meurtrière. Il rêve d’en déverser dans les rues de Tokyo.
Sexe, violence, prostitution, mais aussi métaphores et ridicule. Le portrait du Japon brossé par l’auteur est résolument noir, celui d’une société destructrice et sans règle à l’antipode de ce que l’on perçoit au jour le jour quand on vit dans ce pays.

jeudi 2 octobre 2008

Manga : Death note

Autant j’adore la BD, autant je n’ai jamais été attirée par les mangas. En dehors de Corto Maltese, toutes les BD que je lis sont en couleurs. Mais vivant au Pays du manga, je ne pouvais y échapper. Stan m’a donc proposé cet été de découvrir ce pan de la culture japonaise avec Death Note.

Oh surprise, j’ai tout de suite accroché. J’ai avalé les 6 premiers tomes très rapidement, les 6 suivants également mais avec un petit moins d’enthousiasme. 12 tomes pour connaître l’histoire complète…. C’est le problème des mangas à succès : les éditeurs demandent aux auteurs d’étirer leur histoire. A 1000 yens le tome (version anglaise, 400 yens en japonais ) c’est quand même un investissement…

Mais de quoi ça parle ?
Light Yagami dix-sept ans, ramasse par hasard un carnet intitulé Death Note. En écrivant le nom d'une personne dans ce carnet et à condition d'en connaître le visage, on provoque sa mort. Light, qui estime son monde corrompu, y voit une occasion unique de supprimer les êtres malfaisants et décide de tuer tous les criminels du monde. Devant ces nombreuses morts inexpliquées, Interpol reçoit l'aide du mystérieux L, « détective joker » capable de résoudre n'importe quelle énigme, et dont personne ne connaît ni le visage ni le nom.

Entre Light (à gauche) et L (à droite), tous deux persuadés d'agir pour la justice, s'engage un véritable combat, et une course poursuite pour l'identité de Kira, pseudonyme donné à Light Yagami par les médias.


Pour connaître la suite, vous savez ce qu'il vous reste à faire. On peut se procurer les exemplaires en français aux éditions kana (en France)
En plus de me faire pratiquer mon anglais, la lecture de ce manga constitue une excellente gymnastique intellectuelle puisque il faut tout lire à l’envers : dans le sens japonais.

A l'exeption de 2 ou 3 personnes, auncun de mes lecteurs ne lisant le japonais, je me suis permis de scanner une page de la version japonaise (nous avons un tome en japonais). Voilà le résultat :

mercredi 16 juillet 2008

Billet culturel : mangas

Cette fois ci ce sont des mangas adaptés au grand écran que je vous propose... Il en faut pour tous les goûts!
Akira de Katsushiro Otomo 1988

  • Synopsis : Dans un Neo-Tokyo post atomique, Kaneda et sa bande vivent la nuit et disputent leur territoire à la bande des Clowns. Tetsuo, un ami de Kaneda, est victime d'un étrange accident lors d'une poursuite à moto. Evacué par des militaires, il sert alors de cobaye à des expériences qui éveillent en lui un pouvoir psychique qui dépasse sa conscience. Il est victime du projet AKIRA...
  • Mon avis : Il doit falloir aimer le manga pour apprécier….

Ghost in the shell d'Oshii Mamoru, 1995

  • Synopsis : Le major Motoko Kusunagi, une femme cyborg ultra-perfectionnée, est hantée par des interrogations déontologiques. Le jour où sa section retrouve la trace du 'Puppet Master', un hacker mystérieux et légendaire elle se met en tête de pénétrer son 'ghost' dans l'espoir d'y trouver les réponses à ses propres questions existentielles...
  • Mon avis : Je suis bien rentrée dans l'histoire mais j'ai été déçue par les dessins des personnages, semblables à ceux des dessins animés du mercredi après midi.

Retrouvez d'autres synopsis sur notre site.

mercredi 9 juillet 2008

Romans

En complément des billets sur le 7ième art et plus facile à emporter sur la plage, je vous présente aujourd'hui des romans japonais.
  • Les dunes de Tottori de Nishimura Kyōtarō (1982)

Pour éponger une partie de son déficit, la Compagnie nationale des chemins de fer japonais organise des excursions surprises d’un WE dites «train du Mystère». Personne n’en connait la destination, cette interrogation constituant un des attraits majeurs de l'affaire. La formule a un tel succès qu'il faut s'inscrire quatre mois à l'avance. Parmi les visites surprises, figure souvent celle des célèbres dunes de Tottori. Mais un jour, les 407 voyageurs du « Train du mystère » sont enlevés par des truands qui exigent... un milliard de yens de rançon.
Les inspecteurs Honda et Totsugawa enquêtent. Parviendront-ils à empêcher l'exécution des otages, à récupérer le convoi disparu et à arrêter les gangsters avant que les parents des voyageurs ne découvrent l'horrible tragédie ? Telles sont les prémices de ce roman d'action, mais surtout de déduction, que nous propose l'un des plus grands maîtres du policier japonais.

J’aime bien les romans policiers en général et je n’ai eu aucun problème à rentrer dans l’histoire qui illustre de façon délectable la passion des japonais pour leur compagnie de chemin de fer, et la rigueur et le respect tout japonais des horaires.

  • Kyoto de Yasunari Kawabata (1962)

Histoire de deux jumelles, très tôt orphelines, qui ont été élevées séparément. Elles ne se retrouvent qu'une fois devenuesjeunes filles. Mais elles ont été formées par des milieux à ce point différents que, d'elles-mêmes, elles décident de ne plus se revoir.
Au-delà de ce thème très simple, c'est tout le drame du Japon moderne qui est le sujet de Kyôto : l'européanisation puis, après Hiroshima, l'américanisation accélérée d'une société qui avait jusqu'alors vécu sur des bases sociales, culturelles et morales entièrement autres.

Ce roman sobre et pur plaira aux amoureux de l’entente entre l’homme et la nature mais ennuiera ceux en attente d’action : « écrit en 1962, Kyoto est sans doute l’ouvre qui exprime le plus profondément le déchirement métaphysique et psychologique de l’écrivain japonais ».

jeudi 3 juillet 2008

7ième art (2)

Je poursuis la série "billet culturel de l'été" avec 2 nouveaux films :
Kaosu de Hideo Katana 1999

  • Synopsis : Un homme se retrouve complice d'un faux kidnapping, celui de la femme d'un riche homme d'affaires qu'elle met elle-même en place. Elle se laisse cloitrer dans sa maison, tandis qu'il envoie la demande de rançon. Mais lorsqu'il rentre chez lui au soir, il retrouve la femme morte, son cadavre allongé sur le sol...
  • Mon avis : Un thriller tout en suspens qui n'a rien à envier à Hitchcock

Blood and bones de Yoichi Sai, 2005
avec Kitano

  • Synopsis : En 1923, un jeune paysan coréen, quitte son île natale et débarque à Osaka. Son obsession : faire fortune. Le film retrace le parcours de cet être à la limite de l’humain dont les actions et réactions imprévisibles vont détruire sa famille
  • Mon avis : Kiatano incarne le rôle à la perfection mais le film ne fait que ressasser la même violence complaisante. L'absence de sens et de synthétisme, la durée trop longue plombe ce film.

Retrouver d’autres synopsis sur notre site.

mardi 24 juin 2008

7ième art japonais (chapitre1)

L’été approche et pour beaucoup ce sera bientôt les vacances : farniente ou sport, mer ou montagne, à vous de choisir. Côté culture, voici pour vous détendre un peu de Japon. Je commence aujourd’hui avec 2 films assez récents :

Nobody knows de Kore-eda Hirokasu 2004
(Prix d’interprétation masculine du festival de Cannes pour Yagira Yuya qui a 14 ans devient le plus jeune comédien récompensé sur la croisette).

  • Synopsis : Quatre enfants vivent avec leur mère dans un petit appartement à Tokyo. Ils sont tous de père différent et ne sont jamais allés à l’école. Le propriétaire ignore même l’existence de 3 d’entre eux qui ne devant pas se montrer sont consignés à l’intérieur de l’appartement. Un jour, leur mère disparaît en leur laissant un peu d’argent et un mot à l’attention de l’aîné pour qu’il s’occupe de ses frères et soeurs. Ainsi commence une vie que nobody knows.
  • Mon avis: Issu d’un fait réel cette histoire émouvante permet de découvrir Tokyo au quotidien loin des clichés touristiques. J’ai adoré

Après le pluie d'Akira Kurosawa 1999 (Ame agaru)

  • Synopsis : Dans le Japon féodal, un groupe de voyageurs est bloqué par la rivière en crue dans une petite auberge de campagne. Parmi eux se trouvent Ihei Misawa, un samourai sans maître qui excelle dans l'art du combat. Il va vite être remarqué par le seigneur de la région qui lui propose de devenir son maître d’armes.
  • Mon avis : l’histoire est simple mais les images et les combats très esthétiques
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