Sophie no sekai (le monde de Sophie)

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mardi 17 novembre 2009

Honshu, quizz n°2

En 1666, un grand maître de cérémonie du thé est invité par le lord du clan Kaga à Kanazawa. Il amène avec lui, le meilleur apprenti de l'école de céramique, Ohi Chozaemon, pour fabriquer les bols nécessaires à la cérémonie. Au fil des ans, une relation s'établit entre le maître de cérémonie et le potier céramiste qui s'installe à Kanazawa. Ces réalisations sont presque entièrement consacrées à la cérémonie du thé.

10 générations plus tard, les descendants de Ohi Chozaemon perpétuent la tradition Ohi qui utilise une technique de cuisson particulière à basse température. La beauté toute simple des formes au glaçage ambré et le doux contact lors de la prise en main ont fait la renommée de cette céramique.

Nous avons visité le musée, du dernier descendant, dont les œuvres s'étendent au delà de la cérémonie du thé.
Parmi les photos, une ne provient pas du musée. Laquelle?

lundi 16 novembre 2009

Dans le brouillard

J'ai la crève. Rien de bien grave, juste un gros rhume qui me met à plat. Pas terrible avec les enfants mais on survit. Hier, nous avions prévu d'aller dans un magasin de puériculture pour acheter à grand Al une chaise "évolutive". Il est temps qu'il cède sa chaise haute de bébé à petit Em.

Pour nous y rendre, 20 minutes de marche pour aller à la gare puis 25 minutes de train et ensuite un magasin bondé de bébés, enfants, femmes enceintes. Et moi qui éternue... Dans ce pays de (sur?)protection, le port du masque était donc indispensable. J'avais déjà commencé mon entraînement à la maison histoire de protéger mes petits bouts à moi avant de penser au reste de la population, histoire de voir aussi si j'arrivais à respirer.
En fait, pas de problème pour respirer (autre que ceux causés par mon rhume bien sûr).

Le port du masque (en extérieur) m'a permis de découvrir un moyen très efficace pour garder le nez chaud en hiver...mais d'intérêt limité : certes j'avais bien chaud au nez mais à chaque expiration, de la buée sur les lunettes . J'ai donc passé une partie de l'après midi dans le brouillard.

Le masque, est-ce vraiment efficace? On ne parle pas beaucoup de la grippe dans l'actualité nippone et pourtant, il y a 3 semaines, un journal japonais titrait 1 million de nouveau cas en une semaine. Et ce en dépit du port du masque, et toutes autres précautions généralement suivies à la lettre par les japonais... (je n'ai pas la grippe mais je continue à porter le masque).
Sur ce, je retourne me mettre au chaud sous la couette, petit Em fait la sieste, profitons-en!

jeudi 12 novembre 2009

Kanazawa (4), ville moderne

Pour notre dernier jour à Kanazawa, le soleil a daigné pointer le bout de son nez. Un temps idéal pour prendre en photo la gare, qui vaut un petit détour si on est sur place :

Nous nous sommes aussi rendus au musée d'art contemporain du XXI siècle, à l'architecture moderne.

Les façades en verre de ce vaste bâtiment blanc et circulaire très lumineux abritent 28000 m2 de galeries, de salles d'exposition et d'auditoriums tous disposés comme des boîtes sur un plateau.

Une des attractions permanentes est la fausse piscine dont voici quelques photos :

mercredi 11 novembre 2009

Ochaya Shima : maison de geisha (Kanazawa 3)

Les geishas étudient la musique, la danse, la littérature, la poésie, tous les arts qui leur permettront de distraire leurs clients. Aussi n'est il pas surprenant lors d'une visite dans le quartier des geishas de découvrir dans leur maison toute une panoplie d'instruments de musique.
La musique a toujours exercé une place centrale au Japon, surement en raison de ses origines divines et aux pouvoirs de purifications qui lui sont associés.

Shamisen : sorte de luth à 3 cordes doté d'un long manche et d'une petite caisse de résonance de forme cubique, souvent recouverte de peau de serpent. On en joue avec un plectre.

Le biwa, plus court, de forme ovale est une sorte de luth à 5 cordes. Il est généralement richement décoré.

Le koto figure aussi parmi les instruments traditionnels. Cithare à 13 cordes, long de 190cm, on en joue également avec un plectre.
Le taikô est un tambour dont la taille peut varier de quelques centimètres (on les frappe à la main) à plusieurs mètres (utilisés pour les fêtes populaires ou religieuse, on les frappe au bâton).

On découvre aussi dans la maison de ces femmes de séduction de nombreux accessoires de beauté : faux ongles, peignes sculptés....

Nous avons visité la maison Shima datant de 1820. L'arrangement intérieur inhabituel des pièces rend la visite particulièrement intéressante.

L'étage supérieur est dédié aux activités de la maison et se compose de plusieurs modules identiques : une salle pour les clients et une salle d'attente / représentation pour la geisha. Chaque module est bien sûr indépendant.

Il n'y a aucun placard, les finitions sont soignées (poignée de porte)

Le rez-de chaussé est plus privatif (bureau appartement privé et cuisine)

A suivre... ici.

lundi 9 novembre 2009

Nomura-ke : maison de samourai (Kanazawa 2)

Avec l'achèvement de la féodalité, la plupart des maisons de samouraïs ont disparu. Maisons déplacées, jardins convertis en potagers beaucoup de témoignages ont disparu. La maison Nomura est un exemple de ce que fut une maison de samouraïs de l'ère Edo. Difficile de savoir ce qui est d'origine, pas grand chose en vérité, mais la visite n'en est pas moins intéressante et le jardin un enchantement.

Des pièces très classiques avec alcôves,

parois coulissantes dont les peintures sont attribuées à Sasaki Senkei, un artiste très réputé,

une chambre de dessin offrant une vue sur le jardin d'agrément,

une chambre pour la cérémonie du thé avec un décor minimaliste (ikébana dans sa forme restreinte, petite calligraphie) et pour preuve d'humilité une porte plus petite que la hauteur d'un homme : il faut fournir un effort pour apprécier le thé.

même les plus jeunes

Comme souvent dans ces grandes demeures, la maison est composée de plusieurs parties reliées entre elles par des passages extérieurs

Nous avons été surpris par le plafond de plusieurs pièces qui nous a paru inhabituel

Nous avons terminé la visite par une pièce présentant divers objets de l'époque :

boîte à bento laquée et dorée à la feuille d'or (c'est une spécialité de Kanazawa)

divers sabres

de l'intérêt des trous dans les pièces

paire d'étriers ornementés

et bien sûr une armure de samouraï.

Cela ne vous rappelle rien?

Une photo trouvée sur le net et qui me plait bien.

Pour finir, illustration en "live" des gouttières décoratives (dont je vous avais parlé) par temps de pluie.

A suivre ...ici.

mercredi 4 novembre 2009

Tokyo Jidai Matsuri

Le même jour que la danse des hérons blancs se tient dans le quartier d'Asakusa, autour du temple Senso-ji un autre festival relatant l'histoire de Tokyo depuis la construction du premier temple Senso-ji.
1600 figurants costumés défilent dans les rue pour retracer l’histoire d'Edo-Tokyo. Nous n'avons pas assisté à tout le défilé mais c'était plutôt sympa même sans les explications que vous trouverez ici. (Je n'arrive toujours pas à faire recoller ces infos avec mes images...)

Tout d'abord, un personnage connu, le dragon doré : la légende raconte que le 18 mars 628, lorsque la statuette perdue de Kannon, la déesse de la miséricorde, a été trouvée dans la rivière Sumida, le dragon dans le temple a fait étinceler ses écailles d’or afin de célébrer cet événement.

Ce que j'avais tout d'abord pris pour Ebisu le dieu de la fortune des pêcheurs doit être en fait le bateau des pêcheurs qui trouvèrent cette statue.

quelques guerriers

Hojo Masako (1156-1225), l'épouse du shogun Minamoto no Yoritomo qui avait une grande influence et sauva le shogunat après la mort de son époux.

Les hérons blancs, nous ne les aurons pas vu ailes déployées

Un tengu sur échasse???(Je ne sais pas tout!!)

Les plus malins s'étaient équipés pour parer à la foule : appareils photos montés sur perche....

A redécouvrir l'année prochaine!!

mardi 3 novembre 2009

Danse des hérons blancs ( Shirasagi-no-mai)

Aujourd'hui est un jour férié au Japon. C'est le jour de la culture.
C'est aussi à cette date qu'à lieu tous les ans la danse du héron blanc au temple Senso-ji à Asakusa. J'avais réussi à voir la danse du dragon doré mais pas encore celle des hérons. La météo étant favorable j'ai pu y aller (avec petit Em et grand Al mais sans Stan qui est en déplacement).

Il y avait moins de monde que ce à quoi je m'attendais et nous avions trouvé un emplacement parfait : trop parfait puisqu'il a fallu que l'on dégage rapido nous étions sur l'emplacement de la carriole des musiciens.

Reléguées à l'arrière avec les poussettes et Al qui criait famine, nous n'avons pas vu grand chose des huit personnes habillées en costume de héron blanc dansant au rythme des cloches et des tambours ...

Ce festival a été inauguré en 1968. Il présente le raffinement de l'ère Heian (794-1192).

lundi 2 novembre 2009

Kanazawa (1) vieille ville

Kanazawa ou marais d'or fut longtemps réputée pour la richesse de ses récoltes. Cette prospérité permit le développement de nombreux arts. Aujourd'hui la ville est encore réputée pour sa richesse culturelle.

Épargnée par les bombardement, elle a conservé d'anciens quartiers pour lesquelles le temps semble s'être arrêté depuis l'époque féodale. Nous n'avons pas manqué de visiter l'ancien quartier des samouraïs, ainsi que le quartier des geishas.

Nagamachi, le quartier des samouraïs est un réseau de ruelles sinueuses, délimité par deux canaux. Les murs de torchis jaune surmontés de tuiles offrent un cadre magnifiques aux anciennes résidences militaires et à leur jardin paysagé. La plupart des maisons sont aujourd'hui des demeures bourgeoises privées ou ont été reconverties en musées, magasins...

Higashi chaya gai, le quartier des geishas (ou des maisons de thé) offre un autre décors, typique de l'époque. Au début du 19ème siècle les geishas y logeaient et divertissaient leur hôtes de leurs savoir faire.

Tel un décor de cinéma, tout y est : façades treillissées, lanternes à l'entrée etc... j'ai trouvé que cela faisait un peu toc. Le guide nous apprenait que le quartier s'animait la nuit venue : nous n'y avons pas croisé grand monde.

Les murs en torchis, c'est fragile (non ce n'est pas moi!!)

A suivre.... ici.

vendredi 30 octobre 2009

un costume contre la grippe H1N1

Un fabricant japonais a annoncé le lancement d'un costume "anti-grippe" dont les fibres seraient capables de détruire le virus H1N1. La laine du vêtement contient du dioxyde de titane qui exposé à la lumière permet de décomposer les molécules d'un virus, notamment celles de la grippe H1N1, assure le fabricant qui renchérit : "des expériences de laboratoire ont prouvé que les molécules de virus étaient dissoutes trois heures après avoir adhéré au tissu […] le dioxyde de titane permet aussi de réduire les mauvaises odeurs, comme celle du tabac".

Et quel effet le dioxyde de titane a-t-il sur la peau humaine? Personnellement je n’irai pas dépenser 400 euros pour ce costume (quelques secondes suffise pour être infecté : il suffit que votre voisin de métro porteur du virus éternue face à vous…)

Evolution de la grippe dans le monde : ici.

Retrouvez toute l'actualité nippone ici

jeudi 29 octobre 2009

Les gasshô-zukuri de shiragawa-go

Récemment on me demandait comment les japonais affrontaient l'hiver autrefois dans leur maisons de bois et de papiers. Bien souvent l'unique source de chauffage était le feu alimenté dans l'espace cuisine.

L'architecture des gasshô-zukuri, maisons au toit de chaume très pentu dans la région d'Hida est un excellent exemple de l'adaptation au climat.

Au dessus du foyer de la cuisine est suspendu un hiama qui avait la double fonction de stopper les brindilles enflammées et de disperser fumée et chaleur. Par dessus, le plancher est percé pour permettre à la chaleur de se répandre dans les étages supérieurs.

Ces maisons tirent leur nom de leur forme qui évoque des mains jointes en prières.
L'une des caractéristiques de ces maisons est que toute la charpente et le toit sont assemblés à l'aide de cordes uniquement.

De façon exceptionnelle, le même procédé était utilisé pour les murs

bien que généralement, ceux-ci aient eu une apparence plus classique.

Les familles aisées habitaient de vastes gasshô pouvant accueillir une trentaines de personnes. Ces maisons étaient composées généralement de 3 étages. Le 1er niveau était l'espace de vie (cuisine, chambre, alcôve pour la vénération de bouddha),

les étages supérieurs étant réservés à la culture des vers à soie.

Les paysans s'entassaient dans des huttes reconverties aujourd'hui en abris de jardin.

Ils devaient quand même bien avoir froid quand ils sortaient dehors au vu de leur équipement pour affronter la neige :

L'isolement de la région a permis l'émergence de cette culture locale unique que l'on ne retrouve nulle part ailleurs au Japon. Bien que menacées par la construction d'un barrage (les maisons ont été déplacées), les traditions se perpétuent toujours telle que la construction à l'unisson de la toiture qui nécessite la participation de 150 à 200 volontaires parmi les villageois!

Les sites préservés de shiragawa-go et Gokayama sont classés au patrimoine mondiale de l'Unesco.
Nous avons visité le musée de plein air gasshô-zukuri minka-en qui regroupe une vingtaine de ces maisons à shiragawa-go. Ces maisons aujourd'hui voisines étaient pour certaines espacées de plusieurs kilomètres autrefois. (Voilà une chose courante au Japon (pour ceux qui en ont les moyens) : acheter une vielle maison à un endroit et la transférer à un autre!)
On y visite des maisons d'habitation,

de stockage,

moulin à eau,

sanctuaire,

tout y est, dans un cadre très fleuri du printemps à l'automne.

En dépit d'un ciel plombé

(rappelez vous, le typhon qui nous poursuivait dans les montagnes), nous avons énormément apprécié cette journée.

mercredi 28 octobre 2009

Takayama (4) ses chars et ses festivals

Au printemps et à l'automne, le temps d'un WE, la ville de Takayama attire une foule de visiteurs venus admirer ses célèbres yatais (chars). Simple cérémonie villageoise il y a 350 ans, ce double festival a vu ses chars s'embellir au fur et à mesure que la ville prospérait et que les artisans soutenus par de riches bourgeois rivalisaient de savoir faire.

Le festival d'automne se tenait le WE suivant notre passage.

Nous nous sommes contentés de visiter la salle d'exposition au sanctuaire Sakurayama Hachiman qui expose à tour de rôle 4 yatais (chars) parmi les 11 participants au festival d'automne. Les autres yatais sont disséminés à travers la ville dans des hangars.

Cette dispersion est volontaire : elle permet en cas d'incendie d'éviter de perdre la totalité de la flotte. Quand on connait le coût d'un seul de ces chars on comprend pourquoi (inutile de me demander le prix, je ne m'en souviens plus mais c'était astronomique).

Lors de notre passage étaient exposés : un mikoshi (temple portatif)

et les yatais suivants (de gauche à droite):

  • Kagura tai
  • sennin tai
  • Hoo tai
  • hotei tai
toutes les photos sont floues (flash interdit et nous n'avions pas de pied) ou mauvaises (scan).

  • Le Kagura tai est appelé la voie de l'ouverture : il ouvre la marche de la parade au son du tambour installé dessus. Construit au début du 17ème siècle ce n'est que plus tard que furent ajoutées les roues.

  • Le sennin tai s'appelait initialement char des fleurs d'eau chaude (...), son toit est similaire à ceux des tout premiers chars de la flotte. (sennin est aussi un terme d'origine chinoise utilisé pour désigner un mage, une personne immortelle). Comme tous les autres chars de la flotte (excepté le Kagura tai), son toit est rétractable ce qui permet de diminuer la hauteur des hangars.

  • le Hoo tai d'âge inconnu fut embelli au cours des siècles. C'est le même takumi qui sculpta les animaux du char et la marionnette du char hotei.

Au 8ème siècle, les différentes régions du Japon payaient leur impôt en riz. Le territoire montagneux et boisé d'Hida (sur lequel se trouve Takayama) fut autorisé à envoyer à la place de sacs de riz, des charpentiers et sculpteurs pour construire les temples aujourd'hui célèbres de Kyoto et Nara. Ces charpentiers étaient menés par Takumi dont le savoir faire et la grande habilité étaient connus de la capitale. Aujourd'hui, takumi désigne les artisans du bois doués dans leur domaine.

  • le Hotei tai. Hotei est l'un des 7 dieux de la fortune.

    Sa marionnette est animée mais c'est surtout celle plus petite qui gravite autour d'elle en jouant au trapèze qui retient l'attention : 8 marionnettistes sont nécessaires pour donner vie à l'ensemble.



lundi 26 octobre 2009

Shibun 21-10-xx

Je traîne un peu pour vous relater notre voyage mais je suis sur plusieurs projets en ce moment qui me prennent pas mal de temps alors forcement, le blog en souffre un peu. Pour vous faire patienter, un résumé de "l'actualité" nippone des deux derniers mois (enfin quand je dis actualité...)
  • Ça c’est de l’info !
L'animal, un golden retriever, a succombé à une maladie à l'âge de 13 ans dans la maison familiale des Hatoyama à Denenchofu, un quartier chic de Tokyo. Le décès s'est produit environ une heure après l'investiture de son maître …. par le parlement nippon.
L'épouse de M. Hatoyama (le nouveau premier ministre japonais), a téléphoné à son mari pour lui apprendre la mauvaise nouvelle, alors que ce dernier était en train de constituer son gouvernement, a indiqué un secrétaire du Premier ministre.

Les journalistes n’avaient donc rien d’autre à se mettre sous la dent ce jour là?

  • Un faux-monnayeur de 12 ans arrêté au Japon
L'écolier a utilisé une photocopieuse couleur pour faire 11 copies de chaque côté d'un billet de 1000 yens. Une fois collées les deux faces, l'enfant s'est rendu chez un commerçant âgé de 70 ans de son quartier. Il a utilisé l'un d'entre eux pour acheter un paquet de chewing gum et un jus de fruit puis s'est vu remettre 850 yens en retour.
"Je voulais voir si les faux billets seraient acceptés"a-t-il expliqué.

  • Manga controversé
Mein kampf aux côtés de Les Frères Karamazov de Dostoïevskiy, et La Métamorphose de Kafka. Le livre dans lequel Adolf Hitler pose les bases du nazisme existe depuis plusieurs mois en version manga au Japon et se vend plutôt bien : plus de 45 000 exemplaires. L'inclusion très discutable de l'ouvrage d’Hitler dans une collection d'œuvres artistiques ne semble pas avoir gêné l'éditeur.

Retrouvez toute l'actualité nippone ici

dimanche 25 octobre 2009

Takayama (3) Maison de commerçant

La famille Kusakabe était une famille de riches commerçants et financiers de l’époque Edo. Après l'incendie de leur maison en 1879, ils décidèrent d'en reconstruire une à l'image de leur puissance employant des matériaux nobles et usant des volumes.

C'est, avec la résidence Yoshijima qui lui est contiguë, la première maison classée patrimoine culturel au Japon. Les amateurs d'architecture parlent à leur sujet de la plus belle association de maisons traditionnelles.

Parmi les caractéristiques de la fin de l'ère Edo, on retrouve

  • le fin treillis de bois en façade
  • une charpente apparente
  • un toit faiblement pentu (en dépit d'une région neigeuse) et des avants-toit modérément profonds
  • un deuxième étage couvrant la presque totalité de la surface construite
  • l'usage du cyprès japonais
Maison de commerçant, l'espace est structuré en deux sections : une partie réservée aux appartements privés et une partie publique où se tiennent les affaires et où sont reçus les invités. L'entrée donne sur la partie publique. La puissance de la famille est formulée par l'impressionnante structure de poutres.

Un espace en pierre relie l'extérieur à la partie habitée dont le plancher est rehaussé et recouvert de tatamis.

La cuisine est ainsi ouverte sur l'entrée.

Le foyer est encastré dans le plancher et la bouilloire suspendue au plafond en permanence. L'autre espace ouvert est le magasin avec sur l'arrière les bureaux.

L'espace privée est plus en retrait. On y retrouve une incontournable pièce réservée au rites bouddhiques,

des cloisons de papiers décorées

une vue sur le jardin intérieur

des détails soignés

A l'étage sont exposés divers objets de la région d'Hida

ou encore une lithographie.

Avec le billet d'entrée, vous serez invité à déguster un délicieux sembei aérien, (galette de pâte de riz) dans la cour intérieure. Miam, on en redemande.

Je termine ce billet sur deux vues extérieures du musée d'art folklorique Fuji situé dans une autre demeure ancienne et restaurée. Le musée renferme diverses collections poteries, laques, broches et peignes à cheveux, peinture sumi-e, le tout tassé dans des vitrines et sans beaucoup d'explications.

Cache ta joie petit Em!

A suivre... ici.

vendredi 23 octobre 2009

Glace à la sauce soja

Vu à Takayama, la glace à la sauce soja

(pas testé)

jeudi 22 octobre 2009

Takayama (2) Ville aux traditions artisanales et commerçantes

Lorsque Takayama tomba sous le contrôle direct du shogun Tokugawa, la plupart des samouraïs quittèrent la ville, celle-ci prospéra alors comme ville de commerce et de villégiature. Pendant le seconde guerre mondiale, la ville fut épargnée des bombardements.

On y trouve donc encore de nombreuses maisons de bois (et de papiers), témoignages non pas liés à la "caste" des samouraïs mais aux gens du peuple : maisons de marchands, fabriques de saké, travail du bois sont à découvrir.

Le quartier le plus parcouru par les touristes est celui de san machi-suji où se succèdent magasins traditionnels, musées, restaurants et demeures particulières. L'endroit est très touristique mais ne manque pas de charme même sous un ciel gris.

En effet, nous sommes partis juste avant l'arrivée d'un typhon sur le Japon et contrairement à ce que je pensais, un typhon s'aventure à l'intérieur des terre jusque dans les montagnes.

Ainsi le beau ciel bleu que nous avions eu à Matsumoto nous a quitté pour ne réapparaître qu'à la fin de notre voyage quand nous quittions Kanazawa... Soupirs... (mais nous avons quand même été chanceux puisque nous n'avons eu qu'une seule journée de pluie).

Certains parcourent ces rues en jinriki-sha (le pousse pousse japonais).

Les distilleries de saké sont aisées à repérer grâce aux grosses boules suspendues au dessus de l'entrée. Ces boules sont constituées d'aiguilles de cyprès. Nous n'avons pas eu le temps d'en visiter, dommage.

Nous avons en revanche déambulé à loisir dans les rues, apercevant tonneaux de saké marqués des yatais qui font la célébrité de la ville,

chat porte bonheur,

mitarashi dango : version locale des dangos (boules de pâte de riz) enrobées d'un sirop au shoyu sucré,

norens en tout genre

et nombres de sarubobos, le porte bonheur emblème de la région d'Hida.

Nous avons également testé quelques spécialités locales : notamment le bol d'udon aux légumes des montagnes

et le célèbre bœuf d'Hida, fondant, très fondant (et pour cause, la viande doit sa saveur à son persillage de gras : bon mais à consommer avec modération).

Version sashimi, nabé ou grillé.
Nous avons également découvert l'artisanat local en visitant le musée de la laque d'Hida "Hida Shunkei" (un peu déçue par la visite).

La particularité de la laque d'Hida est qu'elle laisse apparentes les veinures du bois grâce à son vernis transparent (ailleurs il est souvent noir ou rouge).

Takayama est aussi reconnue pour ses sculpteurs de bois d'if. Ici un masque de tengu.

Enfin, une curiosité, à l'écart du centre ville, le musée commémoratif Hikaru. Ouvert il y a seulement 10 ans, son architecture tranche avec le reste de la ville : murs en blocs de calcaire (importés de France !),

grands volumes, luminosités ( 365 fenêtres dans la pyramide centrale).

L'architecture s'inspire de modèle méso-américain ancien.

On y découvre des objets provenant des 7 grandes civilisations, l'histoire géologique de la région

et des œuvres d'art japonaises principalement peintures et calligraphies. Un musée immense et ... vide, ce qui a permis à Grand Al de se défouler dans les salles sans gêner grand monde.

Un endroit vraiment détonnant avec le reste de la ville.

A suivre... ici

mardi 20 octobre 2009

Le donjon de matsumoto-jo, réponse

La question était combien d'étage compte le donjon du château de Matsumoto.
Alors ceux qui savent compter ont trouvé 5. Il y a bien 5 étages apparents au donjon.
Ceux qui connaissent un peu les châteaux japonais ont ajouté un étage à leur compte. Comme le font justement remarquer Cable et Julien B, il y a (toujours?) un étage caché. La bonne réponse était donc : 6 étages.

A Matsumoto, l'étage caché se situe entre le 2ème et le 3ème niveau apparent. Plus sombre (pas de fenêtre visible) il est aussi bas de plafond. C'est là que se réunissaient les samouraïs et les guerriers en cas d'attaque pour élaborer des stratégies.

lundi 19 octobre 2009

Takayama (1)

C'est à sa situation géographique au cœur des alpes japonaises que Takayama doit son nom qui signifie littéralement "haute montagne". La ville est en effet entourée par des montagnes qui culminent aux alentours des 3000 mètres. En 2005, Takayama avait une population de 97.497 habitants pour une densité de seulement 44,7 hab/km². Très faible, il faut dire que la superficie totale de la ville est de 2179,35 km², soit équivalente à celle de Tōkyō (mais la densité de Tokyo est de 5419 hab/km²...).

Nous avons commencé notre visite de Takayama par le Takayama jinya, le siège du gouvernement de la province d'Hida -à l'époque Edo- à laquelle est rattachée Takayama.

Pendant la période Edo (Shogunat Tokugawa), on comptait 60 jinya répartit à travers le Japon, celui de Takayama est le seul à avoir été conservé. A ce titre, il est classé site national historique. 25 générations de gouverneurs envoyés de Tokyo se sont succédés dans ce bâtiment construit en 1615 pour assurer les taches administratives (collecte des taxes, aménagements, justice...)

La visite commence par la photo de groupe/ famille avec banc et panneau indiquant la date. Au Japon, les choses sont bien organisées.

Nous visitons ensuite les bureaux séparés selon le statut de l'occupant.

Dedans est exposé notamment un panneau reprenant le motif symbolique du gouvernement Tokugawa : la vague bleue (Seigaiha). Un bac à sable, reprend le même motif en unicolore, façon zen.

Nous poursuivons jusqu'à la cuisinette pour prendre le thé en famille

puis changement de bâtiment

pour admirer les lithographies exposées dans les pièces réservées aux invités

et la vue sur le jardin japonais depuis les appartements de la femme du gouverneur.

Les serviteurs avaient leurs propres espaces juste à côté de la grande cuisine.

Retour au premier bâtiment pour découvrir le tribunal situé juste à côté de la pièce à interrogatoire qui s'apparente à une chambre des tortures.

(faut il préciser que l'on ne tient pas debout dans le panier de transport (qui parait bien fragile au regard de son utilisation)) La visite se termine sur une pièce remplie de documents historiques (pas d'explication en anglais mais il y a deux visites guidées en anglais par jour) et le bâtiment de stockage des ballots de riz provenant de la collecte des taxes.

Nous nous rendons ensuite dans le quartier sanmachi suji, le cœur de la vielle ville en empruntant un pont qui enjambe la rivière Miya.

A suivre...ici

dimanche 18 octobre 2009

Pissons pour sauver la planète

La compagnie aérienne japonaise ANA demande à ses passagers depuis le 1er octobre d'uriner avant d'embarquer.

En réduisant le poids des vessies de ses passagers, la compagnie espère économiser du kérosène. Cette mesure s'inscrit dans un programme expérimental « vol écolo » qui comprend de nombreuses initiatives comme le remplacement de bouteilles de vin en verre par des modèles plus légers en plastique ou encore l'emploi de baguettes en bois recyclé.
Va pour les baguettes en bois, mais le plastique ce n’est pas du pétrole ???

Retrouvez toute l'actualité nippone ici

vendredi 16 octobre 2009

Vallée de Kiso

La région de Matsumoto est connue pour sa production de raisins. Nous avons vu sur la route pour la vallée de Kiso de nombreuses pergolas chargée de grappes.

Pas pu faire de photo, dommage, c'était vraiment joli. Nous ne nous sommes pas non plus arrêtés pour en acheter. Personnellement, je ne suis pas fan de raisin japonais. Je lui trouve un goût de vin et ceux qui me connaissent savent que je n'apprécie pas le vin rouge (ni le blanc) en dehors des liquoreux.

Avant de nous rendre à Takayama, nous avons décidé de faire un détour par la vallée de Kiso. Montagneuse et densément boisée elle ouvre la voie à la nakasendo route des postes sinueuses assurant la liaison entre Edo (vieux Tokyo) et Kyoto. Elle fait partie des 5 voies de communication de l'époque Edo (1603-1868).

La vallée de Kiso comptait 11 relais, le village de Narai en est le deuxième. Ces rues évoquent remarquablement bien cette période.

Bâtiments de bois, murs de bois palissés, portes de bois treillissées...

La spécialité du coin est la laque. La région vit désormais du tourisme et de nombreux magasins proposaient des objet en laque : baguettes, bols ou peignes...

Le village de Narai est coincé entre la montagne et une rivière. J'aime bien ces petits ponts.

Nous aurions aimé poursuivre dans la vallée et visiter les villages de Kiso Fukushima, Tsumago et Magome plus pittoresques mais nous devions être à 18h30 à notre minshuku (auberge japonaise) pour le service du diner... (on ne plaisante avec la ponctualité ici!)

jeudi 15 octobre 2009

Matsumoto

De Matsumoto nous n'avions prévu de visiter que le château. Arrivés le soir dans la ville, nous avons eu l'occasion de nous promener dans les rues qui bordent la rivière Metoba enjambée par de nombreux ponts aux formes arrondies. Nawate dori est une rue piétonnière bordée de petits commerces. Le début de la rue est marqué par une imposante statue de grenouille samouraï.

Le thème de la grenouille est récurrent tout au long de la rue : statues de pierre, de bois, autel...

Une autre rue sympathique à découvrir : la nakamachi dori, les maisons y sont de style namako kabe (carreau d’ardoise en losange, jointés au plâtre). Nous avions découvert cette architecture à Shimoda l'an passé. Dans mon guide de voyage sur le Japon, les sites sont souvent présentés comme étant les plus ci ou les plus ça. Le plus beau/ grand/ vieux jardin japonais/zen, le plus vieux château, le plus haut ou le plus grand etc...

Concernant le Matsumoto-jo, mon guide nous apprend qu'il s'agit du plus vieux château en bois du Japon et l'un des 4 a avoir été déclaré trésors nationaux avec ceux d'Himeji, Hikone et Inumiya.

Il doit son surnom de "corbeau" a sa couleur noire.

Ce château du XVIème siècle fut construit pour la guerre (sans jamais la connaître). On y retrouve en effet douves, murs épais, meurtrières de formes variées (pour s'adapter aux armes)... beaucoup d’éléments semblables à ceux des châteaux du Moyen-Age à une exception près : il est fait de bois (comme souvent au Japon).

Les couloirs sont suffisamment larges pour permettre à un samouraï en arme de se déplacer en hâte, en revanche il vaut mieux se montrer prudent dans les escaliers, surtout aux étages supérieurs (porte bébé très utile).

Le château se visite entièrement, des tours en anglais sont proposés gratuitement, ça vaut le coup. On découvrira à l'intérieur une collection d'armes à feu et on pourra même voir de quoi sont fait les murs!

Le dernier étage du donjoin abrite un petit autel dédié au dieu Nijuroku-ya-shin, dieu des 26 nuits, protecteurs du château.

A chaque extrémité du toit les shachihoki protecteurs préservent le château des incendies. Issu du folklore japonais ce poisson à tête de tigre a le pouvoir de contrôler la pluie ; il orne souvent le toits des temples et des châteaux.

A la fin de l'ère Meiji, quand le système féodal est aboli le château est embelli. Deux ailes aux larges fenêtres sont ajoutées ainsi qu'un pavillon d'observation de la lune ( tsukimi yagura).

On pénètre dans le château en empruntant un joli pont rouge,

on ressort par les deux portes :
Kuro-mon (porte noire, intérieure)
et Taiko-mon (extérieure)