Sophie no sekai (le monde de Sophie)

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mercredi 8 juillet 2009

Bon Odori, la légende de Mokuren

L’année dernière, je vous introduisais O bon, une période chaumée au Japon dont l’origine viendrait d’une fête bouddhiste indienne. O-bon ou Urabon dériverait du sanskrit signifiant «souffrance, enfer… » et serait associé au sûtra qui conte la légende de Mokuren, un disciple du Bouddha suprême.

Dans un songe, Mokuren aperçoit sa défunte mère tourmentée dans le Royaume des Esprits Affamés. Bouleversé, il demande à son maître comment soulager celle-ci. Bouddha lui répond : « Au quinzième jour de juillet, fais donner une grande fête en l'honneur des sept dernières générations de morts. » Le disciple organise la fête comme lui conseille Bouddha et libère ainsi sa mère. Heureux, il se met à danser. De cette danse de joie vient le Bon Odori.

(Illustration wikipédia commons)

lundi 27 avril 2009

Byakkotai : les tigres blanc

La guerre de Boshin « guerre de l'année du dragon » est une guerre civile qui débuta en janvier 1868 quelques mois après la restitution du pouvoir suprême à l'empereur, et qui se poursuivit jusqu'en mai 1869. Elle vit s'affronter, les armées des clans proches de l'Empereur contre les troupes appartenant au gouvernement shogunal et les clans qui lui étaient restés fidèles.
A cette époque, la ville d’Aizu Wakamatsu était la capitale du clan Aizu, restée fidèle au shogun. Ses troupes combattaient donc les forces impériales. Certaines étaient composées de très jeunes garçons (entre 14 et 17 ans). Les byakkotai - la troupe des tigres blancs - qui s’étaient retirés dans la montagne après une première défaite dans la ville voisine, virent le château de Aizu-Wakamatsu entouré d'une épaisse fumée. Croyant le château pris et tout espoir perdu, ils firent seppuku, selon la tradition guerrière. Seul le plus jeune, âgé de 14 ans fut épargné avec pour charge de transmettre l'histoire.


En réalité le château ne fut pris que quelques jours plus tard. Seule la campagne environnante était en feu. Le suicide des byakkotai devint une grande source d'inspiration pour le Japon. Par ses valeurs de fidélité et de dévouement, mais aussi par sa dimension de sacrifice inutile, elle résonne dans l'esprit des japonais… et de Mussolini qui, impressionné par l'histoire, offrit un monument à la mémoire des samuraïs que l'on peut toujours voir aujourd’hui.
Des mangas et un film ont été réalisés à partir de cette histoire.

jeudi 16 avril 2009

Aka-beko

Akabeko est une représentation artisanale de taureau à tête mobile datant de 400 ans. Les japonais y sont très attachés car une vielle légende raconte que quiconque possède une figurine d’Akabeko, ne succombera pas à l’épidémie de petite vérole.

2009 étant l’année du bœuf, akabeko s’est retrouvé sur de nombreuses nengajo (les cartes de vœux japonaises).

Cette création artisanale est très présente dans la région d’Aizu dans la préfecture de Fukushima qui semble en avoir fait sa mascotte.

Ce WE, nous étions à Aizu wakamatsu, et akabeko était partout :
Sur le train,

aux portillons de sécurité,

dans la gare,

à l’extérieur de la gare.

Partout !
Pas étonnant que sanrio, le créateur d’Hello kitty s’en soit emparé :

Sanrio Hello Kitty Japanese Akabeko Doll Hello Kitty Lucky Netsuke/ Cell Phone Strap Akabeko is kinda Red Cow which is believed in Japan that it's a legendary animal bringing fortune in the beginning of a new year. Now Hello Kitty meets Akabeko, that means, Kawaii + Fortune!! Wish anything you keep dreaming to Akabeko Hello Kitty!

jeudi 8 janvier 2009

Les 47 Rônin d’Akô

Autrefois, le terme ronin désignait les paysans ayant perdu leurs terres et errant à la recherche de travaux pour pouvoir survivre. Ronin fut par extension appliqué aux samouraïs ayant perdu terres ou maîtres et vendant leurs services à la cause du plus offrant. De nos jours ce terme est utilisé pour les étudiants qui n’ont pas été pris dans l’université de leur choix et qui attendent d’être admis dans une autre faculté.

L’histoire des 47 Rônin d’Akô
L’empereur Higashiyama envoyait chaque année une ambassade auprès du Shôgun Tokugawa Tsunayoshi pour présenter ses vœux. Celui-ci chargeait certains de ses vassaux le soin d’organiser dignement l’arrivée des émissaires de l’empereur. En 1701 le Shôgun désigna le seigneur Asano. Jeune daimyô de 36 ans du petit fief d’Akô, il demande conseil pour l’organisation de cet événement à Kira Yoshinaka. Kira Yoshinaka était un samouraï maître des cérémonies de la maison du Shôgun.
Hautin, il refusa dédaigneusement plusieurs fois son aide à Asano Naganori. Celui-ci, dans un mouvement de colère le blessa légèrement de son sabre. Il était alors interdit d’utiliser son sabre dans la maison du shôgun. Celui-ci, apprenant cet écart de conduite condamnera sans autre investigation Asano Naganori au suicide. Les règles de l’époque auraient voulu que les deux parties de la querelle soient punies. Cependant, Kira Yoshinaka ne fut pas inquiété.
Asano Naganori fut inhumé au temple Sengaku-ji. Sa famille perdit tous ses titres, ses terres furent confisquées, et ses troupes composées notamment de 300 Samouraïs dispersés.
Parmi eux, un groupe de 47, désormais rônin, décida de venger la mort d’Asano. Le groupe dirigé par Ôishi Kuranosuke,

(Ôishi Kuranosuke le leader des 47 rônins)
attendra presque 2 ans avant d’attaquer dans la nuit du 14 décembre 1702 la demeure de Kira Yoshinaka. Ils le décapitèrent, lavèrent sa tête dans le puits du temple Sengaku-ji et la déposèrent sur la tombe de leur maître. Terasaka Kichiemon un rônin du groupe parti immédiatement avertir les autres anciens Samouraï d’Asano Naganori de la nouvelle. Pendant ce temps, les 46 autres rônins se rendirent auprès du Shôgun Tokugawa Tsunayoshi qui les condamna au suicide en dépit d’un important soutien populaire. Ils firent seppuku le 4 février 1703 dans l’enceinte du temple Sengaku-ji et furent inhumés au même endroit que leur maître.
Après avoir accompli sa mission, Terasaka Kichiemon, le quarante-septième Rônin se livra au Shôgun qui le grâcia. A sa mort, il fut inhumé avec ses compagnons et son maître au Sengaku-ji.
Cette histoire toucha profondément le peuple japonais qui l’immortalisa définitivement dans plusieurs pièces de théâtre : Chûshingura, Goban Taiheiki-ki… ainsi qu'un film nommé les "47 rônins" de Kenji Mizoguchi.

Pour en savoir plus.

lundi 5 janvier 2009

Les origines du Temple Jougan-ji à Nakano

Il y a plus de 600 ans, Suzuki Kuro s’installa pour vivre à l’endroit même où se dresse aujourd’hui le temple Jougan-ji de Nakano. Tout autour, s’étendaient de grandes plaines d’herbes hautes.

Suzuki mit en culture sa terre et commença un élevage de chevaux.

Les temps étaient durs et rares étaient les jours où il mangeait à sa faim. Il partit un jour vendre un cheval.

En chemin, il s’arrêta dans un temple renommé d’Asakusa pour prier Kannon : « faites que je vende mon cheval un bon prix. Si quelques pièces spéciales sont incluses dans le payement que je reçois, je vous en ferai offrande ».

Au marché, il vendit bien mieux son cheval qu’il ne l’espérait. Quand il regarda les pièces qu’il avait reçues en payement pour honorer sa promesse auprès de Kannon, il découvrit qu’elles étaient toutes spéciales.

Il songea alors que le seigneur Kannon voulait lui enseigner la valeur de l’argent. Il était déraisonnable de demander un tel prix pour son cheval. De retour chez lui, il se mit donc à travailler encore plus dur.

Il acquit une santé surprenante et eut bientôt plusieurs personnes travaillant pour lui. Il devint populaire et fut surnommé l’homme riche de Nakano. Cette prospérité ne l’épargna pas du chagrin de perdre sa fille unique.

Avec sa femme ils offrirent de nombreuses prières aux temples et sanctuaires sans trouver de réconfort. En 1438, Kuro se rendit à Odawara dans le temple Saijo-ji.

Le maître zen Shouoku Sono, lui recommanda de bâtir un hall à Juniso (shinjuku ouest) pour y enseigner le zen. Cela marqua le début du temple Jougan-ji.

Mes parents sont allés se promener dans ce temple situé à Nakano sur Ome Kaido avec petit Al. (Pour des photos voir billet précédent). Les photos illustrants le récit proviennent d’une fresque exposée dans l’enceinte du temple. Petit Al, a reçu de la part d’un prêtre présent ce jour là, un joli livre qui illustre également cette histoire.

Pour y aller : station Nakano sakaue (oedo line)

vendredi 3 octobre 2008

Okichi Saito

La rubrique "le proverbe du jour" ne m'ayant pas beaucoup inspiré, j'ai décidé d'élargir son contenu aux contes, légendes et histoires japonaises.
Aujourd'hui, je vous propose de découvrir l'histoire d'Okichi Saito que nous avons découvert au musée du trésor du sanctuaire Ryoen à Shimoda.

Okichi Saito, fille d'un charpentier vivant à Shimoda, cité portuaire, naquit en décembre 1841. D'une beauté exceptionnelle, son père la destinait à vivre en geisha. Néanmoins, elle tomba amoureuse d'un charpentier et son père consentit à son mariage.

A la même période en 1856, un bateau américain apparut au large, non loin de Shimoda. A cette époque, le gouvernement japonais prônait l'ouverture culturelle du Japon. Un diplomate (Townsend Harris) s'installa quelques temps dans la petite ville portuaire et rencontra par hasard la jeune fille.

Dès qu'il la vit, il la désira. Il s’agissait d’Okichi. Le gouverneur de la région offrit la jeune fille à l'américain dans le but de faciliter les accords et négociations entre les deux pays.

Okichi n’eut guère le choix mais on lui promit que son fiancé aurait des privilèges si elle acceptait de l'abandonner, ce qu'elle fit.

Elle resta au service d’Harris pendant 5 ans et fut libérée quand il quitta le Japon...Sa vie était cependant ruinée et sa réputation entachée pour toujours...

Après quelques tentatives pour reconstruire sa vie (ouverture d'un restaurant), elle sombra dans l'alcool...

puis se jeta à la mer en 1891 ou 1892.

mardi 23 septembre 2008

Automne

Proverbe

Ten TakaKu Uma KoYuRu Aki

Litteralement : Sous les grands cieux de l'automne, les chevaux se gavent.

Autrement dit : l'automne est une période faste de l'année (saison des fruits et légumes, temps clément).

vendredi 16 mai 2008

Patience

Ishi no ue ni mo sannen
S'assoir 3 ans sur un rocher permet de le réchauffer.
Ou tout vient à point à qui sait attendre.

lundi 12 mai 2008

Kekkô

Nikkô wo minai uchi wa kekkô to iu na
Qui n'a vu Nikkô ne peut dire c'est beau.
Je l'avais déjà cité mais la rubrique n'existait pas encore, alors comme c'est de nouveau à l'ordre du jour....

dimanche 20 avril 2008

Kyo no kotowaza

Traduction approximative de "proverbe du jour".
Kotowaza est un terme qui recouvre ce qu'on entend par proverbes, idiotismes, locutions proverbiales. Les kotowaza japonais reflètent autant une sagesse populaire qu'une tradition intellectuelle.
Dans cette nouvelle rubrique je vous propose de découvrir régulièrement, un nouveau proverbe japonais pour la plupart issus du livre de Guy Gagnon, Frédéric Girard et Emi Inoue aux éditions You Feng. ISBN 2-84279-032-4
Aujourd'hui, j'ai choisi un proverbe pour Alexandre qui est resté toute la semaine confiné à la maison pour cause d'angine (les inconvénients de la crêche) :

Nodo-moto sugireba atsusa wo wasureru : une fois la gorge franchie, la chaleur n'est plus sentie.
Autrement dit, une fois passée, l'affliction est vite oubliée. Un proverbe italien reprend cette idée : Le péril une fois passé, le saint est bientôt négligé.