vendredi 6 août 2010
Ôgi, éventail japonais
Par Sophie de Novion, vendredi 6 août 2010 à 15:45 :: Culture et traditions au Japon
Probablement l'objet le plus universel de la civilisation Japonaise, l'éventail, en plus de son aspect purement utilitaire lorsque la chaleur de l'été devient étouffante, a toujours joué un rôle symbolique. Utilisés depuis des temps très anciens (on retrouve sa trace dans des écrit datés du 7ème siècle), l'éventail va rapidement prendre une connotation artistique et sociale importante (en 1701, le Shogunat promulgue un édit pour limiter l'achat d'éventails trop coûteux).

Leur usage est répandu dans toutes les classes de la société, depuis le shibu_uchiwa qui sert à attiser les braises dans la cuisine jusqu'au gumpai-uchiwa de métal utilisé par les chefs de guerre pour diriger leurs troupes. Prêtres shintô, religieux bouddhistes, acteurs de Nô, musiciens, arbitres de Sumô, il n'est pas une catégorie de personnes qui ne les utilise quotidiennement.
On distingue deux types d'éventails :
- Les Uchiwa, de formes rondes, ou en demie ailes de papillons. Ce sont les plus anciens, ils ne sont pas pliable. A l'époque Heian, leur surface servait de support au soupirant pour déclarer sa flamme sous la forme d'un poème ou d'une calligraphie élégante.

De nombreux peintres s'en servaient également comme support. Aujourd'hui, ces modèles s'utilisent beaucoup comme support publicitaire. - Les éventails pliants, les ôgi n'étaient utilisés à l'origine que par les hommes. Constitués à l'origine par des plaquettes de bois reliées entre elles,

ils s'allégèrent par la suite et furent alors réalisés en papier ou tissu collé sur de fines lamelles de bois ou d'ivoire. Ils devinrent vite la parure indispensable des femmes de l'aristocratie civile et militaire. Ils se répandirent ensuite à toute la population. Parmi les ôgi, on distingue ceux fabriqués à Edo (Tokyo) généralement plus simples, composés de 15 baguettes environ,

de ceux fabriqués à Kyoto, 35 baguettes en moyenne, beaucoup plus élégant.

Une trentaine d'opération sont nécessaires pour fabriquer un éventail de qualité. A Kyoto, une trentaine d'artisans interviennent donc dans la fabrication d'un éventail. A Tokyo, un artisan réalise à lui seul plusieurs étapes de fabrications. Voici les principales étapes.
- On encolle tout d'abord 3 feuilles de papier au format de l'éventail (ça nous ne l'avons pas fait)
- une fois la colle séchée, on humidifie légèrement le papier pour le plier à l'aide d'un calibre
- ensuite, on insère une baguette pointue entre deux épaisseurs de papiers collés pour faire un passage aux tiges. Chaque tige se compose d'une partie visible, de largeur constante, et d'une partie qui va en s'effilant, sous le papier. Elles sont légèrement incurvées en dedans pour tenir les autres tiges bien serrées, quand l'éventail est fermé.
- on monte alors le papier sur les tiges pré-assemblées
- on referme l'éventail pour bien marquer les plis et on coupe pour ajuster papier et baguette
- dernière étape (pas fait), on encolle les baguettes extérieures.
le mien :
Au final, beaucoup de motifs typiquement japonais : libellule, prunier, bambou, campanule, iris et quelques motifs géométriques. Il manque des carpes pour compléter le tableau.
Comme nous étions en pleine saison des pluies, il a fallu attendre 2 semaines pour que le papier sèche. Nous n'avons donc pas monté nous même nos œuvres sur les tiges.
Et voila le résultat :












car déposé sur youtube pour gagner de la place) :














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