Sophie no sekai (le monde de Sophie)

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vendredi 6 août 2010

Ôgi, éventail japonais

Probablement l'objet le plus universel de la civilisation Japonaise, l'éventail, en plus de son aspect purement utilitaire lorsque la chaleur de l'été devient étouffante, a toujours joué un rôle symbolique. Utilisés depuis des temps très anciens (on retrouve sa trace dans des écrit datés du 7ème siècle), l'éventail va rapidement prendre une connotation artistique et sociale importante (en 1701, le Shogunat promulgue un édit pour limiter l'achat d'éventails trop coûteux).

Leur usage est répandu dans toutes les classes de la société, depuis le shibu_uchiwa qui sert à attiser les braises dans la cuisine jusqu'au gumpai-uchiwa de métal utilisé par les chefs de guerre pour diriger leurs troupes. Prêtres shintô, religieux bouddhistes, acteurs de Nô, musiciens, arbitres de Sumô, il n'est pas une catégorie de personnes qui ne les utilise quotidiennement.

On distingue deux types d'éventails :

  • Les Uchiwa, de formes rondes, ou en demie ailes de papillons. Ce sont les plus anciens, ils ne sont pas pliable. A l'époque Heian, leur surface servait de support au soupirant pour déclarer sa flamme sous la forme d'un poème ou d'une calligraphie élégante.

      De nombreux peintres s'en servaient également comme support. Aujourd'hui, ces modèles s'utilisent beaucoup comme support publicitaire.

    • Les éventails pliants, les ôgi n'étaient utilisés à l'origine que par les hommes. Constitués à l'origine par des plaquettes de bois reliées entre elles,

      ils s'allégèrent par la suite et furent alors réalisés en papier ou tissu collé sur de fines lamelles de bois ou d'ivoire. Ils devinrent vite la parure indispensable des femmes de l'aristocratie civile et militaire. Ils se répandirent ensuite à toute la population. Parmi les ôgi, on distingue ceux fabriqués à Edo (Tokyo) généralement plus simples, composés de 15 baguettes environ,

      de ceux fabriqués à Kyoto, 35 baguettes en moyenne, beaucoup plus élégant.

    Les ALF, ont organisé une rencontre dans l'atelier d'un artisan de sensu qui a partagé son art avec nous .

    Une trentaine d'opération sont nécessaires pour fabriquer un éventail de qualité. A Kyoto, une trentaine d'artisans interviennent donc dans la fabrication d'un éventail. A Tokyo, un artisan réalise à lui seul plusieurs étapes de fabrications. Voici les principales étapes.

    1. On encolle tout d'abord 3 feuilles de papier au format de l'éventail (ça nous ne l'avons pas fait)
    2. une fois la colle séchée, on humidifie légèrement le papier pour le plier à l'aide d'un calibre
    3. ensuite, on insère une baguette pointue entre deux épaisseurs de papiers collés pour faire un passage aux tiges. Chaque tige se compose d'une partie visible, de largeur constante, et d'une partie qui va en s'effilant, sous le papier. Elles sont légèrement incurvées en dedans pour tenir les autres tiges bien serrées, quand l'éventail est fermé.
    4. on monte alors le papier sur les tiges pré-assemblées
    5. on referme l'éventail pour bien marquer les plis et on coupe pour ajuster papier et baguette
    6. dernière étape (pas fait), on encolle les baguettes extérieures.
    Bien sûr, nous n'avons pas réalisé un éventail vierge. La plus grande partie de la séance a donc été consacrée à la décoration. J'ai choisi les pruniers. le modèle :

    le mien :

    Au final, beaucoup de motifs typiquement japonais : libellule, prunier, bambou, campanule, iris et quelques motifs géométriques. Il manque des carpes pour compléter le tableau.

    Comme nous étions en pleine saison des pluies, il a fallu attendre 2 semaines pour que le papier sèche. Nous n'avons donc pas monté nous même nos œuvres sur les tiges.
    Et voila le résultat :

vendredi 11 juin 2010

Il était une fois...

Il était une fois...
C'est ainsi que commencent la plupart des contes, et ceux que nous relate Mayumi Watanabe ne font pas exception. Ces histoires d'autrefois ou des temps très très anciens reflètent la subtilité japonaise, la sagesse et la beauté.

On y parle de Jisô, de mochi... La lecture douce et agréable nous apprend pourquoi la mer est salée, pourquoi la méduse n'a pas d'os ou encore pourquoi le chat ne fait pas partie des signes du zodiaque.
Et pour ceux qui ont vu le film Kwaïdan, on retrouve également l'histoire de la femme des neiges.

Les illustrations de Eric Puybaret sont en parfaite harmonie avec la délicatesse des récits. Un vrai succès.

A découvrir pour les petits et les grands aux édition du Jasmin. Contes du Japon de Mayumi Watanabe, ISBN 978-2-912080-85-1

lundi 31 mai 2010

Aizome, la teinture à l'indigo

Grâce aux ALF, j'ai pu découvrir dernièrement, une technique de teinture japonaise, un clin d'œil à ma mère, passionnée par les textiles. Seiju Yamazaki, une sommité dans ce domaine, présente ainsi la chose:
Aizome représente le bleu du ciel, de l'eau, de la mer et du Japon. "Ai" nous fait penser au pays natal et nous donne la sérénité de l'esprit.
Cette technique de teinture l'une des plus vieilles du Japon aurait été importée de Chine et évolué au fil des siècles. L'ère industrielle l'a quasiment fait disparaître. Et pourtant, à en croire ses défendeurs, cette technique confère aux tissus de multiples vertus :
  • tout d'abord, les tissus et papiers teintés à l'indigo éloigneraient les insectes, les serpents.
  • les sous-vêtements teints selon ce procédé permettraient d'éviter les problèmes d'irritations liés à la chaleur et divers problèmes de peau
  • les livres anciens recouverts d'indigo seraient dans un excellent état de conversation.
Bon de toutes façons au Japon, dès qu'il s'agit d'une tradition japonaise (quand bien même celles-ci dérivent souvent de traditions chinoises plus anciennes) c'est BON POUR LA SANTE !! C'est ce que vous diront toujours les japonais. Que ce soit le matcha, le natto, les chaussures de pailles tressées, la teinture aizome.... IT'S GOOD FOR HEALTH !

Le procédé de teinture est extrêmement simple :
le tissu est plongé dans une cuve d'indigo.

Pour obtenir une couleur homogène, on remue délicatement pendant 5 minutes puis on essore doucement. Pour obtenir une couleur plus soutenue on peut faire un deuxième bain, ou se contenter de bien aérer le tissu en l'exposant au soleil (la couleur se fixe avec l'oxydation). En effet, au sortir du bain, le tissu aura pris une couleur verte, quand celle-ci vire au bleu, on a la garantie d'obtenir un beau bleu profond. Pour finir, le tissu est rincé dans plusieurs bains successifs d'eau (éventuellement additionnée d'eau oxygéné)
La couleur se fixant par oxydation, les parties des tissus non exposées à l'indigo et à l'oxygène, ne seront pas teintées. Dès lors, il est très facile de réaliser toutes sortes de motifs uniques et sympathiques à l'aide d'ustensiles aussi variés que des élastiques, des pinces à linges, de petites boîtes hermétiques ou simplement en nouant le tissu bien fort.

C'est à l'atelier de teinture du village du folklore traditionnel japonais Nihon Minkaen à 20 minutes de shinjuku, que nous nous sommes rendues.

Voici ma réalisation :

j'ai utilisé des billes maintenues par des élastiques,

des pinces à linge de plusieurs tailles

et j'ai aussi fait des nœuds.

Maintenant, grand Al a un petit bandana de pirate japonais!

Le procédé était tellement facile, qu'on serait tenté de vouloir le reproduire chez soi. Le hic, c'est pour obtenir l'indigo : les feuilles séchées de l'indigotier sont mises à fermenter pendant tout l'hiver pour obtenir le sukumo. Puis un savant mélange de saké, chaux, cendre de bois, eau etc... est ajouté, le tout chauffé pour un second cycle de fermentation qui permettra d'obtenir l'indigo. Pour en savoir plus, c'est ici.

lundi 8 mars 2010

Madadayo

Madadayo d'Akira Kurosawa

En 1943, lorsque le professeur Uchida décide de prendre sa retraite pour se consacrer à l'écriture, ses élèves, qui lui vouent une admiration sans borne décident d'organiser chaque année une grande fête regroupant tous ses anciens élèves. Le rituel est immuable: le professeur prononce un discours puis boit une grande chope de bière à la fin de laquelle il doit prononcer sans faiblesse l'expression "Madadayo" : "pas encore prêt" (à mourir).

Entre ces cérémonies, qui sont une sorte de fil rouge, le film dévoile la vie de l'ancien professeur, ses petits bonheurs (le thé avec ses anciens étudiants), et ses malheurs (la perte de sa maison bombardée, la fuite de son chat...). Le film s'achève 17 ans plus tard lorsque au cours de la grande fête annuelle, le vieux professeur fait une attaque. Au bord de la mort, il repense à son enfance en rêve.
La première impression de Stan est qu'il s'agit d'un film triste. J'ai trouvé au contraire qu'il y avait beaucoup de joie, de tendresse et d'espoir dans ce film, sans pour autant sombrer dans le larmoyant.

mercredi 3 mars 2010

techniques de jardinage japonaises

Le parc de koishikawa koraku, organise chaque année en novembre des cours de warabocchi. Contrairement à ce que je pensais initialement, il ne s'agit pas d'une technique pour protéger les arbres du poids de la neige mais pour se prémunir de la vermine.

Au début de l'hiver, la paille de riz est assemblée en botte pour attirer la vermine qui va s'y réfugier pendant l'hiver. Au début du printemps, les jardiniers récupèrent les warabocchi et les brûlent, tuant ainsi la vermine. Les cendres sont mélangées à la terre pour servir d'engrais.

On trouve souvent les warabocchi dans les champs cultivés, dans les pépinières et les jardins botaniques (où ils servent également de protection contre le soleil et contre la neige), au sommet des yuki-tsuri.

On en arrive donc au yuki-tsuri que je confondais avec les warabocchi. Le mot signifie "neige-protection". A la verticale de l'arbre (généralement les pins et parfois les pruniers et les cerisiers), est fixé un mat, du haut duquel partent des cordelettes de paille de riz. Ces cordelettes sont rattachées en bas à un arceau de bambou enveloppant l'arbre d'une tente de corde qui le protégera du poids de la neige en cas de forte chute.

On retrouve beaucoup cette technique dans les parcs de Tokyo alors même que la neige n'y est pas fréquente ni abondante.

Les troncs des pins sont également enveloppés dans une natte de paille en hiver. Sûrement une variante du warabocchi.

mardi 23 février 2010

Ukiyo-e, image du monde flottant

Le terme ukiyo s'emploie pour désigner une technique et un style artistique.
Il signifiait à l’origine ce bas monde de misères et de souffrances, de part l'utilisation des deux caractères chinois utilisés pour l’écrire : « affliction » (uki) et « monde » (yo). Puis, à partir du XVIIe siècle, lorsque le Japon entre dans une ère de paix, ce mot prit le sens de jouir des plaisirs de la vie dans ce monde éphémère et " son orthographe" changea : on le trouve alors écrit avec les caractères chinois signifiant flottant, léger , éphémère (uki) et monde (yo). Il prend une connotation contemporaine car les thèmes sont nouveaux ; ils correspondent aux centres d'intérêt de la bourgeoisie : jolies femmes et courtisanes célèbres, scènes érotiques, théâtre kabuki et lutteurs de sumo, le fantastique, calendriers et cartes de vœux ainsi que le spectacle de la nature et des lieux célèbres. De par la valorisation de sujets issus du quotidien, cet art passe pour vulgaire au Japon alors qu'il connaît à la fin du XIXe siècle un grand succès auprès des Occidentaux.
Aujourd'hui, ukiyo-e désigne donc les peintures et estampes qui représentent les mœurs et les plaisirs du monde dans lequel vivaient les gens de l’époque d’Edo.

Il existe deux types d’ukiyo-e :

  • des peintures à exemplaire unique (appelées nikuhitsu ukiyo-e), exécutées au pinceau par l’artiste, directement sur un support en papier ou en soie,

  • des estampes qui reproduisent en plusieurs exemplaires par la technique de gravure sur bois, le dessin réalisé par un peintre. Ainsi, il ne s'agit pas de la reproduction d'une peinture mais bien d'une œuvre originale. L'estampe est faite à partir d'un dessin monochrome complété par des indications de couleurs. Ce dessin sert à graver autant de bois qu'il y aura de couleurs; le papier passera ensuite successivement sur chacun des blocs de bois légèrement encrés.
Alors que les peintures sont exécutées sur rouleau horizontal, paravent, éventail et, plus couramment encore, sur rouleau vertical, les estampes de part leur mode de réalisation, se présentent sous la forme de feuilles séparées ou de plusieurs feuilles réunies en album et brochées à la manière d’un livre. (l'ukiyo-e au sens étroit fait généralement référence aux estampes à feuille unique)

A l'occasion de la fête organisée par la mairie de Bunkyo-ku, grand Al a découvert cette vielle technique toujours au goût du jour de la gravure sur bois.
Il n'était bien sûr pas question de graver soi-même le bois, mais d'utiliser les blocs pour réaliser une petite carte.
Grand Al ayant une patience limitée, j'ai choisi le motif ayant le moins de couleurs.

La peinture est appliquée au pinceau sur les partie en relief du bloc de bois. On y ajoute ensuite de façon parcimonieuse quelques gouttes de fixateur (?) puis on étale sur le bloc la couleur à l'aide d'une brosse.

Ensuite, on dépose sur des repères, la feuille de papier à imprimer et une fois bien positionnée, on frotte l'ensemble avec un outil spécial pour faire adhérer la peinture au papier.

On recommence l'opération autant de fois qu'il y a de couleurs. Il faut donc positionner avec précision la feuille dans les repères. Et voici "l'oeuvre" de grand Al :

dimanche 21 février 2010

Bunkyo international festa

Hier, la mairie de Bunkyo-ku, notre nouvel arrondissement, organisait une fête d'échanges culturels internationale. L'occasion de découvrir la culture (musicale surtout) des pays voisins : Corée, Vietnam et Chine principalement, rencontrer les acteurs des associations soutenues par la mairie, découvrir les villes partenaires (Kaiserlautern, Allemange). L'occasion aussi de découvrir la culture japonaise. Divers stands proposaient la découverte de :

- origami
- furoshiki : emballage en tissu japonais

- shodo (calligraphie)

- Ikebana : arrangement floral

- cérémonie du thé

- Essayage de kimono

- collage en papier washi
- confection de bonsaï artificiel
- kamishibai
- technique de l'ukiyo-e (à suivre)
Le Kamishibai est un petit théâtre d'images ambulant dont l'origine remonte au douzième siècle, quand les moines bouddhistes se servaient de rouleaux de dessins pour illustrer leurs histoires aux fidèles, qui ne savaient pas lire. Cette technique de contage repose sur l'utilisation d'images qu’un narrateur fait défiler dans un castelet en bois à trois portes (le butaï).

A l'arrière de l'image,se trouve le texte. Nous en avions déjà croisé à plusieurs reprises sans savoir qu'il s'agissait d'une vieille tradition japonaise.

Il est possible de se procurer le butai et des planches illustrées avec texte en français ici.

lundi 7 septembre 2009

La bonne inclinaison

Les livres sur les bonnes manières japonaises ne manquent pas. Et ils ne sont pas tous destinés aux étrangers. En fait, il existe un nombre incroyable de livre en japonais (destinés donc à priori aux insulaires) pour apprendre les bonnes manières, les bons gestes, le bon goût etc...
Le dressing code pour aller travailler.

Mesdames veillez à bien assortir le type de sac (que vous aurez rempli intelligemment) avec le style de votre tailleur.
Pas de code pour les messieurs? Si mais tellement simple, qu'il n'est même pas nécessaire de l'illustrer. Costumes noirs, chemises blanches et cravates sombres. C'est la norme.

Ma page préférée maintenant :

La bonne inclinaison :

  • inclinaison de 5° passe partout pour dire bonjour, merci, au revoir, pardon...
  • inclinaison de 15° pour une salutation plus formelle, à un client que l'on sert par exemple
  • inclinaison de 35° pour exprimer la reconnaissance
  • inclinaison de 45° pour marquer un profond respect ou une excuse
  • inclinaison de 90° pour s'excuser platement face à son supérieur hiérarchique
(interprétations libres)

Et voici un article paru il y a déjà quelque temps dans je ne sais plus quel magasine anglophone gratuit :

Au Japon, la place que vous occupez dans la société qui vous emploie gouverne bien plus que vos relations de travail.

  • Dans un ascenseur : Le larbin doit laisser entrer le chef en premier, le saluer et se placer à côté de la porte (des boutons) pour commander l'ouverture et la fermeture des portes et sélectionner les étages, le chef ("Kamiza") sera à l'angle opposé.
  • Dans une réunion : le larbin sera près de la porte, le chef le plus loin possible. Les fauteuils sont pour les chefs, les canapés pour les larbins.
  • Dans un taxi : le chef se place à l'arrière, derrière le chauffeur. Si un passager doit monter à l'avant, on y mettra le plus larbin des larbins.
  • Dans le train ou l'ascenseur : le chef est théoriquement à côté de la fenêtre, sauf si celui-ci préfère l'allée, il vaut mieux lui demander sa préférence.
En France ce n'est pas aussi codifié mais est-ce vraiment si différent?

jeudi 23 juillet 2009

Bon odori : la danse de l’été

Dans la continuité d'un précédent billet, je vais vous présenter plus en détail les danses de Bon odori.
Danser à l’occasion d’O-bon dérive de pratique religieuse. Le temps passant, la signification religieuse a peu à peu disparu et la danse est aujourd’hui surtout associée à l'été. Elle se danse souvent sur les rives d'une rivière ou de la mer, dans un lieu public ou dans un temple. Les gens forment généralement une ronde ou s’alignent autour d'une petite estrade couverte nommée Yagura, montée spécialement pour l'occasion sur laquelle les musiciens s'installent.

Chaque région a ses spécificités : instruments, chorégraphie…
L’année dernière avec les ALF, j’ai pu m’initier à trois chorégraphies :

  • Tokyo ondo, une danse spécifique de la région de Tokyo, très élégante. Dans cette première chorégraphie, les pas n’ont pas de signification particulière.
  • Tanku busi, la danse des mineurs : très populaire aussi, mais beaucoup moins élégante... Dans cette danse, contrairement à la précédente, les gestes ont un sens...
  1. creuser : en avant sur le côté on tape au sol avec les pieds ; les 2 mains sont réunies et les bras "creusent". (Imaginez-vous une pèle à la main)
  2. transporter les sacs : les 2 poings l'un au-dessous de l'autre sont portés à l'épaule.
  3. se protéger de la lumière en arrivant à l’entrée de la mine : bras au dessus du visage
  4. pousser les wagons : les 2 bras poussent en avant.
  • Bokenai ondo la danse pour les vieux. Les gestes de cette danse n'ont pas tous un sens mais permettent de faire un peu d'exercice...D’après ceux qui pratique cette danse, la recette pour bien vieillir : chanter, danser, avoir des amis, être gentil avec les autres, s'intéresser aux jeunes...
Si traditionnellement, O-bon se fête à la mi août, les fêtes associées à ces danses ont lieu tout l’été. Il y a un mois, nous assistions à l’une d’entre elle au temple Baisô (Gaienmae).

Extrait (définition pas terrible :-( car déposé sur youtube pour gagner de la place) :

L’année dernière, nous avions assisté à une représentation d’Awa Odori à Koenji (Tokyo). Le vrai festival d’Awa odori a lieu tous les ans à Tokushima (dans le shikoku).
C’est selon certains, la manifestation la plus animée du Japon. Cette année, nous y serons. RV en août.

vendredi 26 juin 2009

Tokyo électrique

Pour peu qu’on s’intéresse à la littérature japonaise en France, les noms de Ryu et Haruki Murakami, Yoko Ogawa, Yasunari Kawabata, Yukio Mishima, Yasushi Inoué, deviennent vite familiers. Mais il peut être difficile d’élargir cet horizon, car souvent dans les librairies, seuls ces écrivains sont représentés. Un éditeur français a eu la bonne idée de passer commande de 5 textes auprès d’auteurs connus au Japon mais pas en France. Le fil rouge : Tokyo, ses quartiers, ses lumières, ses habitants...

Parce qu’elle demande une vision centrée sur le détail et le mouvant plutôt que sur le monumental et l’éternel Tokyo est depuis longtemps l’héroïne des romanciers japonais qui en donnent à lire une image multiple et envoûtante. Des boîtes de nuit, des bars, des dancings à Shinjuku. Une prostituée philippine, un commissariat de police, la peluche Pi-PO. Un peu d’amour, beaucoup de rêves, une femme qui n’arrive pas à prendre le train et une autre qui réapparaît brusquement. Autant d’éclats d’histoires qui, de nuit comme de jour, illuminent la ville de Tokyo et en dessinent la géographie sentimentale.

De belles histoires qui donnent envie d'aller un peu loin avec ces auteurs...
Pour une anthologie, voir ce blog.

vendredi 19 juin 2009

Obi iwai : la cérémonie de l’obi

Dans la continuité de mon billet sur Inu Hariko, le chien porte bonheur, je vous propose aujourd’hui de découvrir une pratique associant le chien et la grossesse : la cérémonie de l’obi.(Obi : ceinture de kimono)

A la fin du premier trimestre de grossesse, la femme reçoit de sa belle-mère une longue ceinture en coton de couleur rouge et blanche. Au cours du cinquième et du neuvième mois de grossesse, la femme devra enrouler la ceinture sur son ventre le jour du chien. Le chien étant un animal qui a de nombreux petits et qui met bas plutôt facilement, respecter ce calendrier serait s’assurer un accouchement facile.
Selon certains, cette cérémonie serait tombée en désuétude, elle est cependant toujours respectée par la famille impériale. Dans le calendrier chinois, le jour du chien tombe le 11ème jour de chaque cycle de 12 jours.

Non, ce n’est pas un obi mais plutôt un tablier avec Inu Hariko.

mercredi 17 juin 2009

Inu Hariko

De part le monde, les chiens sont souvent considérés comme étant des gardiens, des protecteurs. Cela ne fait pas exception au Japon. Les japonais ont attribué aux chiens le pouvoir de reconnaître des démons déguisés en humains ou en toutes autres formes.

Inu Hariko est une statuette de papier mâchée, représentant un chien (aux traits plutôt félins)

portant un double tambour (denden taiko), un jouet traditionnel pour les enfants.

Ce talisman protège les enfants et apporte force et santé aux nouveaux nés. Il est également considéré par les femmes enceintes comme garant d’un accouchement sain et facile (les chiens se souffrant pas des douleurs de l’accouchement).

Ce joli Inu Hariko nous a été offert pour la naissance de petit Em par une amie japonaise.
Bien sûr comme toujours, Hello kitty propose sa version :

samedi 25 avril 2009

O kui zome (100 jours)

Environ 100 jours après la naissance d’un enfant, a lieu la cérémonie du sevrage. Des prières sont adressées pour que l’enfant n’ait jamais à souffrir de la faim. Traditionnellement, un service de bols laqués est utilisé. L’enfant étant trop jeune pour manger la nourriture préparée, ses parents miment la scène au cours d’un repas festif.

jeudi 9 avril 2009

Ecussons Armoiries japonaise

Les motifs des écussons traditionnels japonais
La tradition japonaise des écussons date du 11ème siècle quand les costumes et les voitures de courtiers étaient décorés. Plus tard, ils furent utilisés pour identifier les guerriers sur le champ de bataille, comme décoration de blason sur les costumes de cérémonies et comme ornement sur les kimonos des gens du peuple.
Petits, compacts et élégants, avec un grand sens graphique, les dessins des écussons sont parfaits pour de petites illustrations, comme logo ou pour tous usages graphiques requérant la simplicité, la pureté et la force du dessin. Une grande variété de dessins stylisés représente des plantes,

De gauche à droite et de haut en bas : aubergine, lotus,gentiane, renouée, érable, campanule
des animaux,

De gauche à droite : phénix, corbeau, singe
des phénomènes naturels,

De gauche à droite : étoile, éclair, vague
des formes géométriques

et des objets manufacturés.

De gauche à droite et de haut en bas : poignée, bateau, éventail, ancre, arrache clou, pièce
Les motifs traditionnels les plus fréquents sont la grue,

le bambou, la foudre, la fleur de cerisier,

la pivoine, la fleur de prunier, la vague,

le riz, le cercle et la rose trémière.

Au quotidien, on peut facilement observer ces écussons dans les cimetières

sur des noren (rideau qui ornent les devantures des magasins et des restaurants)

les regards de chaussée

l'alien card des mineurs

ou encore dans les sanctuaires (le Yasukuni dans cet exemple)

Il existe plusieurs ouvrages consacrés à ce sujet. Celui que j'ai utilisé contient 540 motifs (sans copyright) :
Traditional Japonese crest designs, édité par Clarence Hornung, ISBN 0 486 25243 4 (1092 yens)
Dans d'autres ouvrages est inclu un CD qui permet de charger les images.
Ici, un site très instructif et très bien illustré.

mardi 31 mars 2009

Totto-chan, la petite fille à la fenêtre

Tetsuko Kuroyanagi anime depuis près de 30 ans un talk-show quotidien au Japon Le salon de Tetsuko. Elle est également actrice et ambassadrice de l'Unicef depuis 1984. Aujourd’hui, je vous présente son livre autobiographique grâce auquel elle est l'une des rares japonaises à être connue en dehors de ses frontières.

Totto-chan, six ans, est incapable d'observer les règles fixées en classe par son institutrice et se fait renvoyer de son école. Ses parents décident alors de l'inscrire à Tomoe un établissement privé incroyable. Là, les enfants apprennent autant qu'ils s'amusent, découvrent et s'imprègnent de choses essentielles. Ecole de la dernière chance pour Totto-chan, Tomoe est l'école de la vie.
Le livre, écrit simplement, à la manière d’une petite fille de six ans, est truffé d’anecdotes drôles et touchantes. Certains le trouveront peut être un peu naïf, d’autres y verront une référence pour une éducation alternative… Personnellement, j’y ai retrouvé beaucoup du Japon d’aujourd’hui et de l’imprégnation de sa culture au quotidien : les visites au temple, la calligraphie, les onsens, les bentos, la fête des sports... On y fait même une excursion au temple des ronins.
S’il n’y avait pas les références aux poinçonneurs du métro et aux bombardements sur Tokyo, on oublierait complètement que l’histoire se passe dans les années 40

Merci Laure

mardi 17 mars 2009

Shara

Shara de Naomi Kawase

Kei et Shun sont deux frères jumeaux qui aiment à jouer dans les rues de Nara. Un jour, Kei disparait. 10 ans plus tard, on retrouve Shun et sa famille dans leur vie au quotidien. Le traumatisme est toujours présent mais la vie continue oscillant sans arrêt entre deux extrêmes : la mort au début et la naissance à la fin, la joie et les pleurs, le soleil et la pluie, l’ombre et la lumière, le mouvement et l’inaction enfin l’oubli et la mémoire.
L’histoire filmée caméra à l’épaule avec de longs plans séquences nous plonge dans une ambiance particulière qui pourra décourager certains. Dommage car le personnage de Shun est magnifiquement interprété, et certaines scènes nous plongent dans un Japon que l’on voit peu au cinéma, comme la parade de rue à laquelle Kawase consacre plus de 10 minutes.

Retrouvez d'autres synopsis sur notre site ici.

mercredi 4 mars 2009

Hina matsuri

Hier, c’était Hina matsuri, littéralement le festival des poupées, en fait, la fête des petites filles. J’en ai déjà parlé l’année dernière. Pour l’occasion, les familles exposent leur collection de poupées transmises de génération en génération.

Sur la photo, la collection d’Hiroko, ma prof de cuisine avec Alexandre en 2008.
Cette année, on m’avait proposé de visiter une collection de poupées. Je n’ai pas pu y aller mais voici quelques photos.

Les poupées sont en différents matériaux, de différentes tailles. Elles sont disposées sur un autel à gradin. Bien sûr chaque emplacement est spécifique. Je vous en parlerai peut être l’année prochaine si on est encore là. On retrouve, la coquille de Saint Jacques peinte et le hishomochi* tricolore

des détails de « bento »

etc…

Bien qu’il n’y ait que des garçons à la maison, la nounou de Grand Al, m’a offert un plat de riz reprenant les 3 couleurs de l’évènement : le rouge, le blanc et le vert.

On retrouve ces couleurs dans les différentes pâtisseries faites à base de riz pour l’occasion (sakuramochi). La plus typique est celle taillée comme un diamant le hishimochi.

Le rouge pour chasser le mal, le blanc pour la pureté et le vert pour la santé. La collation est souvent accompagnée de shirozake, un sake peu alcoolisé et sucré.

mardi 3 mars 2009

Les bébés de la consigne automatique

Pas trop le temps de me balader dans les rues de Tokyo ces derniers temps. Allez savoir pourquoi...
J'ai donc décidé de vous faire part de mes dernières découvertes en matière de littérature japonaise, films nippon et de ressortir des photos jamais publiées. Je vais également revenir un peu sur l'actualité des derniers mois au Japon. Aujourd'hui je commence par le livre d'un auteur japonais largement publié à l'étranger
Les bébés de la consigne automatique de Murakami Ryû

Deux bébés, abandonnés sont retrouvés le même jour dans des casiers de consigne automatique. Cette origine commune va les unir à l’orphelinat puis dans leur famille d’adoption. Leurs chemins se séparent lorsque Hashi décide de partir à Tokyo. Il finira par croiser à nouveau son frère adoptif Kiku qui ne pense trouver le salut que dans la destruction de cette société où il n’a pas sa place.
Cette histoire se passe en partie dans un Tokyo fictif des années 80. Le quartier où nous habitons, Shinjuku, est devenu une zone polluée interdite où se regroupent tous les déshérités (style : la cour des miracles). Kiku a découvert l’existence d’une plante, la datura, dont l’extrait pousse les gens à une démence meurtrière. Il rêve d’en déverser dans les rues de Tokyo.
Sexe, violence, prostitution, mais aussi métaphores et ridicule. Le portrait du Japon brossé par l’auteur est résolument noir, celui d’une société destructrice et sans règle à l’antipode de ce que l’on perçoit au jour le jour quand on vit dans ce pays.

dimanche 15 février 2009

Omiya mairi (un mois)

Environ un mois après la naissance d’un enfant, le nouveau né est présenté au sanctuaire shinto proche de chez lui. Ses parents prient pour son bonheur et sa santé. S’il s’agit d’un garçon, le rituel a lieu 31 jours après la naissance. Pour une fille, c’est 33 jours. La tradition veut que les grands parents paternels tiennent l’enfant si cela est nécessaire et que l’enfant soit vêtu d’un kimono de soie (noir pour les garçons, coloré pour les filles) portant les armoiries de la famille.

Le coût élevé des kimonos tend à faire disparaître cette tradition.
Voici quelques exemples de kimono
Version garçon :

Version fille :

Impossible bien sûr d'enfiller un tel habit à un bébé, alors en fait, c'est la maman qui le porte. Ca donne ça :

Il existe aussi la version dentelle, plus occidentale :

N'oublions pas le petit bonnet

Et comme ces kimono représentent un gros investissement et que le nouveau né ne les portera pas, autant tailler grand pour qu'il puisse s'en servir pour de vrai lors de la fête des 7, 5, 3 ans.

mardi 3 février 2009

Setsubun à Hosen-ji – Nakano

Bien que le soleil n’ait pas été au rendez-vous, la météo pour setsubun était plus clémente que l’année dernière.
C’est au temple Hosen-ji que nous nous nous sommes rendus pour chasser les démons et fêter l’arrivée du printemps. Car en dépit du calendrier météorologique, c’est au 4 février que les japonais attribuent risshun, le premier jour du printemps. Et pour l’occasion, il faut chasser les démons.

Pour ce faire, les gens autrefois accrochaient devant la maison des choses puantes, telles des têtes de sardines. De nos jours la préférence va aux branches d'épineux ou de houx. L’objectif reste le même, les odeurs en moins !
Pratiqué aussi bien à la maison que dans les temples, le mame maki (lancer de haricot) est un rite vieux de 1000 ans et qui perdure aujourd’hui ... La tradition de jeter des graines de soja pour chasser les démons viendrait d’un prête bouddhique qui il y a 1000 ans, exorcisait les démons en leur jetant des haricots, ceux-ci fuyant alors pour ne pas devenir aveugle….
Pour en savoir plus sur les démons et les rites c’est ici (blog en anglais).

A Tokyo, le temple Senso-ji à Asakusa ou le temple Zojo-ji à Hamamatsucho sont des lieux très courus pour le mame maki. Des vedettes de la télé ou des sumos prennent part aux cérémonies.
A Nakano, moins de foule et plus de folklore.

La cérémonie commence par l’arrivée de bonzes guerriers qui s’installent autour de l’emplacement où se tiendra le feu sacré.

Les bonzes (hommes et femmes) portent des costumes amples de toiles brutes et de couleurs sobres. Ils sont accompagnés de prêtes.

Certains jouent de la conque. A la suite d’un rituel occulte, le feu est mis au tas de branches de pin réunies dans un espace délimité par ces fameux papiers pliés les kamishidés.

Commence alors une distribution de boisson et mikan (mandarine) auprès des spectateurs qui font la queue (ce qui n’est pas sans rappeler la distribution de l’hostie dans une église).

Ensuite a lieu le mame maki quelque peu déformé : en effet, les haricots de soja sont remplacés par des gousses de cacahouètes … et de mandarines.

Le lancer de mandarine, voilà bien une chose étrange et quelque peu dangereuse. Nous nous éloignerons vite pour protéger d’un projectile inopportun petit Em qui dort tranquillement dans sa poussette.