jeudi 29 octobre 2009
Les gasshô-zukuri de shiragawa-go
Par Sophie de Novion, jeudi 29 octobre 2009 à 10:13 :: Au delà de Tokyo
L'architecture des gasshô-zukuri, maisons au toit de chaume très pentu dans la région d'Hida est un excellent exemple de l'adaptation au climat.
Au dessus du foyer de la cuisine est suspendu un hiama qui avait la double fonction de stopper les brindilles enflammées et de disperser fumée et chaleur. Par dessus, le plancher est percé pour permettre à la chaleur de se répandre dans les étages supérieurs.
Ces maisons tirent leur nom de leur forme qui évoque des mains jointes en prières.
L'une des caractéristiques de ces maisons est que toute la charpente et le toit sont assemblés à l'aide de cordes uniquement.
De façon exceptionnelle, le même procédé était utilisé pour les murs
bien que généralement, ceux-ci aient eu une apparence plus classique.
Les familles aisées habitaient de vastes gasshô pouvant accueillir une trentaines de personnes. Ces maisons étaient composées généralement de 3 étages. Le 1er niveau était l'espace de vie (cuisine, chambre, alcôve pour la vénération de bouddha),
les étages supérieurs étant réservés à la culture des vers à soie.
Les paysans s'entassaient dans des huttes reconverties aujourd'hui en abris de jardin.
Ils devaient quand même bien avoir froid quand ils sortaient dehors au vu de leur équipement pour affronter la neige :
L'isolement de la région a permis l'émergence de cette culture locale unique que l'on ne retrouve nulle part ailleurs au Japon. Bien que menacées par la construction d'un barrage (les maisons ont été déplacées), les traditions se perpétuent toujours telle que la construction à l'unisson de la toiture qui nécessite la participation de 150 à 200 volontaires parmi les villageois!
Les sites préservés de shiragawa-go et Gokayama sont classés au patrimoine mondiale de l'Unesco.
Nous avons visité le musée de plein air gasshô-zukuri minka-en qui regroupe une vingtaine de ces maisons à shiragawa-go. Ces maisons aujourd'hui voisines étaient pour certaines espacées de plusieurs kilomètres autrefois. (Voilà une chose courante au Japon (pour ceux qui en ont les moyens) : acheter une vielle maison à un endroit et la transférer à un autre!)
On y visite des maisons d'habitation,
de stockage,
moulin à eau,
sanctuaire,
tout y est, dans un cadre très fleuri du printemps à l'automne.
En dépit d'un ciel plombé
(rappelez vous, le typhon qui nous poursuivait dans les montagnes), nous avons énormément apprécié cette journée.
















