Sophie no sekai (le monde de Sophie)

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 26 novembre 2008

Uji et le temple Byôdô-in

Situé à 15 km au sud de Kyoto, Uji tire sa renommée du temple Byôdô-in et des cultures de thés que l’on peut apercevoir lorsque l’on vient en train. Il s’y trouve également un vieux pont de pierre, qui a vu, au fil des siècles se dérouler maints combats.

C’est sous une pluie battante que nous avons entamé la visite du temple et de ses jardins…

Bâti en 1053 par la famille Fujiwara alors toute puissante, le temple Byôdô-in, est célèbre pour l'élégant Hôdô (Pavillon du Phénix) de son vrai nom Amida Hôdô car ce hall abrite une image du Bouddha Amida.

Gardien du Bouddha, le phénix, oiseau sacré de la mythologie chinoise est vénéré par les japonais. Le toit de la salle est surmonté de 2 statues du phénix.

La forme même du bâtiment est sensée représenté l’oiseau mythique : un hall central flanqué de 2 coursives latérales et une coursive à l’arrière.

L’ensemble se trouve au milieu d’un étang comme toujours repère des carpes multicolores.

On y accède par un petit pont de bois.

Sur une petite colline arborée s’étagent plusieurs bâtiments dédiés aux rites, ainsi qu’un musée abritant des trésors.



Ce temple est très présent dans la monnaie japonaise. D’une part, le bâtiment apparaît sur toutes les pièces de 10 yens,

mais le phénix, apparaît lui sur les billets de 10 000 yens !

Fin de la visite, il s’est arrêté de pleuvoir, mais il est temps pour nous de repartir….


Nous repassons devant la statue de Murasaki Shikibu, auteur du célèbre « dit du Genji », roman dont on commémore cette année les 1 000 ans (mille ans).

J’en reparlerai plus tard, sachez simplement que les 10 derniers livres du roman (54 au total) se passent à Uji, la ville a donc consacré un musée à cette œuvre magistrale de la littérature japonaise.

Depuis Kyoto, prendre la ligne JR Nara (même ligne que celle desservant Inari et descendre à Uji (17 min en express). (le temple est à moins de 10 minutes de marche). L'entrée 600 yens n'inclut pas la visite de la salle du phénix. Il faudra débourser 300 yens de plus et faire la queue (1 visite par heure)

vendredi 21 novembre 2008

Quartier de Kyoto : nishiki et pontocho

Après la visite des 2 temples hongan-ji, nous nous sommes accordés une pause dans un café de Kyoto avant de poursuivre vers des quartiers certes, touristiques mais d’un style totalement différent.
Nous avons commencé par le marché nishiki qui rassemble tout ce que la cuisine traditionnelle de Kyoto (inépuisable) peut offrir.

On y découvre de nombreuses variétés de poissons, fruits et légumes ainsi que de délicieuses friandises raffinées.

Poissons séchés,

légumes inconnus,

daikons aux formes inhabituelles,

aubergines,

tsukémono de légumes (pickles),

nukamiso (autres variétés de pickles),

pâtes de fruits,

souvenir, pêcher gourmand.

Arrivés au bout de la rue, nous "tombons" sur le tori de nishiku tenmangû.

Il fait déjà nuit. Nous voulions poursuivre jusqu’au quartier de Gion, royaume des Geishas, malheureusement, nous devrons écourter notre visite, nous avons une réservation dans un restaurant à 19h. Nous nous baladerons simplement dans la ruelle de pontocho, un petit hanamachi.

Le hanamachi ou kagai (ville fleur) est le nom que l'on donne aux quartiers dans lesquels vivent et exercent les geishas. On y trouve notamment les okiya (maisons de geisha), les ochaya (maisons de thé) ainsi que tous les commerces liés aux activités et besoins des geishas.
Pontochō une allée plutôt étroite. L'architecture japonaise traditionnelle y est particulièrement bien représentée et préservée tout comme à Gion.

Le nom Pontochō viendrait du mélange entre le mot anglais ou portugais "ponto" signifiant "point" et du japonais "cho" qui signifie ville.

On y trouve des geishas depuis le début du 16ème siècle.

Les geishas, ou geikos (nom qui leur est donné à Kyoto) : sont des dames de compagnie raffinées, réservées à une clientèle très aisée. Leur vie est consacrée à la pratique des arts traditionnels japonais.

Bien que leur nombre soit en constante diminution (environ 17 000 dans les années 1980 et 200 aujourd’hui), le nombre d'apprenties geisha (maiko) a connu récemment une nette augmentation grâce à une meilleure communication sur leurs activités.

2 vies, 2 styles…

Le respect des traditions n’empêche pas la modernité…

Ces magnifiques photos de geisha ainsi que les suivantes sur le quartier de Gion sont issues de la banque de données de wikipédia commons.

En dépit du déclin du nombre de geishas depuis une centaine d'années, le quartier de Gion reste célèbre pour ce qui est de la préservation des traditions.

Une partie de Gion est d’ailleurs classée patrimoine historique du Japon. La rue shirakawa minami (autrement appelée shimbashi) serait la plus belle rue d’Asie.

mercredi 19 novembre 2008

Kyoto : temples Hongan-ji

La météo nous annonçait un ciel couvert et de la pluie, c’est finalement sous un soleil réconfortant que nous avons passé notre première après midi à Kyoto.
Nous avons commencé par le temple nishi hingan-ji.

(enceinte extérieure du temple)
Principal temple de l’obédience Jôdo Shin-shû (la vraie terre pure, 12 millions de fidèles dans le monde), les bâtiments au nombre de 5 illustrent les prouesses architecturales et artistiques de la courte période Azuchi-momoyama (1568-1600).
A l’extérieur, la porte Kara-mon se remarque par ses sculptures. Malheureusement, pour les protéger des méfaits des oiseaux, des filets ont était installés partout gâchant l’ensemble.

Pas de chance pour nous, les principaux bâtiments étaient en rénovation, nous n’avons pas pu voir grand-chose.

Cela n’a pas empêché petit Al de faire ses ablutions.

Même le jardin qui recèle deux scènes de théâtre Noh était interdit alors qu’il semblait très prometteur.

En temps normal, la grande salle du Daisho-in permet d’admirer de somptueuses sculptures et ornements métalliques…
Nous avons donc terminé plus rapidement que prévu cette première visite et sommes allés 300 m plus loin pour comparer ce temple avec son rival, le higashi hongan-ji (nishi : ouest, higashi : est) après avoir, comme lot de consolation, tamponné notre dépliant souvenir.

Comme il y a 2 ans, les bâtiments (1895) étaient là encore en rénovation ne permettant pas d’en apprécier la majesté.

En effet, si d’un point de vue artistique il n’égale pas le temple ouest, ses dimensions monumentales en imposent. Et c’était d’ailleurs le but, puisque ce temple fut bâti par Ieyasu Tokugawa qui se sentait menacé par le pouvoir de la secte. Peine perdue puisqu’au aujourd’hui ce monument est le temple principal de la branche Otani de cette obédience. Nous avons quand même pu pénétrer dans le hall Amida qui renferme une statue du Bouddha Amida et où se recueillaient prêtes et fidèles.

Puis nous avons emprunté une coursive extérieure (à ce stade je dois préciser qu’il faut ce déchausser et qu’en hiver, on se gèle les pieds) pour nous rendre dans le hall principal. Il s’agit de la plus grande construction en bois du monde.
Goei-dô mon est l’immense porte (la plus grande de Kyoto) menant au temple.

(photo de janvier 2007)
Bâtie en 1911, elle porte l’inscription Shinshu Honbyô (nom officiel du temple). Y sont sculptés le Bouddha historique, son principal disciple et le futur Bouddha.


Agrandir le plan

La fonction street view de google permet de remonter les avenues longeant ces 2 temples et de voir les murs d’enceintes et les portes. Les extras vous donnent également accès à des photos et des liens vers wikipédia.
Pour la petite histoire, les pièces de la charpente étaient si lourdes que toutes les cordes utilisées par les bâtisseurs pour tenter de les hisser se rompaient.

Pour apporter leur aide à l’édification du plus grand toit du Japon, les femmes offrirent leur longue chevelure. La corde, 20 mètres le long et 40 cm de diamètre, faite de leurs cheveux, a tenu bon et le temple put être érigé.

lundi 17 novembre 2008

Kyoto

Nous étions à Kyoto ce WE. La météo ne prévoyait pas un temps exceptionnel mais nous avons quand même eu quelques bonnes surprises et aussi quelques déconvenues.

Cité gardienne de la culture traditionnelle japonaise, Kyoto est la scène de la majorité des événements historiques du pays. De 794 à 1868, Kyoto fut la capitale impériale du Japon. Aujourd’hui, on dénombre environ 1,5 millions d’habitants. Contrairement à Tokyo, il est très facile de s’orienter dans la ville. Les grandes artères portent toutes des noms et les intersections perpendiculaires les unes aux autres dessinent une grille.

Petit Al ne restant pas en place sur un siège lorsqu’il n’est pas attaché nous avons décidé de prendre 2 places en 1ère plutôt que 3 places en éco. Erreur ! Certes, les sièges sont un peu plus larges qu’en éco mais l’accoudoir central (également beaucoup plus large), ne se relève pas : impossible de caler Al entre nous deux !

De plus, impossible également de glisser la poussette devant nous comme nous l’avions fait lors d’un précédent voyage en shinkansen (TGV japonais) car les repose-pieds ne se relèvent pas (je rappelle qu'il n'y a pas de compartiment à gros bagages comme cela existe dans les TGV).

Bref, on avait tout faux !!

L’automne à Kyoto correspond à une saison haute du point de vue touristique. (Normalement il ne pleut plus) et la ville revêt son manteau aux couleurs automnales. Splendide...

Il faut donc s’y prendre à l’avance pour avoir un hôtel, ce que bien sûr nous n’avons pas fait. Nous avons donc du nous rabattre sur un hôtel de standing. Coût exorbitant mais :

  • Lit bébé dans la chambre (le lit des parents est sur la droite de la photo bien sûr)
  • Vue sur la Kyoto tower imprenable
  • Et banquette dans les ascenseurs pour se reposer…
Kyoto compte parmi les villes du monde ayant un des patrimoines culturels les plus riches avec 1600 temples (-ji, ou -in), 400 sanctuaires (-jija) et pas moins de 17 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco :
  • Château des shoguns Nijô –jô
  • Kamigamo-jinja, Shimogamo-jinja, Ujigami-jinja (à Uji).
  • Byôdô-in, Daigo-ji, Enryaku-ji, Kinkaku-ji (pavillon d’or), Kyomizu-dera, Kôzan-ji, Ninna-ji, nishi Hongan-ji, Ryoan-ji, Saihô-ji, Tenryû-ji et Tôji.
Nous avions déjà visité le pavillon d’or et le temple Kyomizu dera en Janvier 2007. Cette fois-ci, notre programme incluait le Byôdô-in (sous la pluie malheureusement) les Hongan-ji (nishi-Hongan-ji et higashi-Hongan-ji, en rénovation tous les deux…). Nous avons également flâné dans le quartier de Ponto-cho (petit Gion) et sur le marché de nishiki. Et nous sommes allés nous promener sous les allées de toriis de Fushimi.
Tout cela ne peut se raconter en une seule fois, les billets de cette semaine seront donc très touristiques !

mercredi 5 novembre 2008

Takao san, son temple et ses tengus

C’est par une belle journée d’automne que nous sommes partis à l’ascension du mont Takao, à 50 minutes de Shinjuku dimanche dernier. Nous n’étions pas les seuls…

Nous avons opté pour le chemin de randonnée numéro 1, le plus fréquenté par les familles (nous y avons vu des poussettes mais avions choisi le porte bébé).

Il est possible de faire la première partie de l’ascension en funiculaire ou en télésiège (470 yens l’aller simple) mais en cette belle journée, mieux valait s’armer de patience (à vue de nez, 1 heure de queue).
Peu avant l’arrivée du télésiège nous avons pu observer les premiers momijis de la saison.

Nous aurions pu aller saluer les singes en liberté du Zoo Naturel et du jardin Botanique mais avons préféré monter directement au sommet du mont.

Le temple Yokuoin a été établi en 744. Niché sur le flanc de la montagne, c’est un lieu de pèlerinage très populaire, vénéré depuis plus de 200 ans.

Pour y accéder, nous avons choisi l’allée longeant ces sortes de sotoba (grandes planches de bois que l'on trouve près de la plupart des tombes sur lesquelles sont gravées des prières). Mais s’agit-il ici de sotoba ??

L'autre symbole du Mont Takao est le Tengu. Les tengus sont des dieux mineurs du folklore japonais représentés sous forme de corbeaux. On distingue le karasu tengu reconnaissable à sa tête et son bec de corbeau,

et le konoha tengu (ou yamabushi tengu) au long nez qui ne conserve du corbeau que les ailes. Il porte souvent un éventail de plumes à la main.

Les tengus sont un sujet populaire de l'art, du théâtre, et de la littérature japonaise. Ils jouent un rôle très important dans les fêtes religieuses japonaises tel que O-Bon. Ils peuvent communiquer sans ouvrir la bouche, se téléporter et s'inviter dans les rêves des vivants. Ces divinités moqueuses punissent les arrogants, arrivistes, orgueilleux, vaniteux. Ceux qui enfreignent les lois sont en général leurs cibles favorites.
Un peu plus loin, mes maigres connaissances en kanji (idéogramme japonais) m’ont tout de même permis d’identifier que ceci :

était un poteau d’orientation couleur locale (de gauche à droite : ouest, ouest-sud, sud-ouest).

La foule encore, pour parler d’un sujet tout autre : beaucoup de monde mais pas une poubelle. Et pourtant, aucun déchet ne traîne. Au Japon, c’est possible. Chacun garde sur soi ses emballages et les ramène à la maison.

Ces petites statues sont là pour rappeler à tous qu’il faut prendre soin de l’environnement. Ce sont les symboles japonais du nettoyage et du renouveau. Le temps étant dégagé, nous avons pu voir le mont Fuji dans la splendeur du soleil déclinant :

Au téléobjectif, on distingue bien la neige au somment.

Une belle journée donc mais vous l’aurez compris,

pour les momijis, il faut encore attendre bien que la chasse aux tampons soit déjà ouverte.

Pour y aller : depuis shinjuku prendre la Keio line jusqu’à Yakaosanguchi (370 yens), ou prendre la chuoo line et changer à Takao pour récupérer la Keio.
Pensez que la nuit tombe vite et que la forêt est sombre. Au retour nous avons pris le chemin de randonnée 6 (à ne pas faire avec de jeunes enfants) pour voir les chutes Biwa mais rattrapés par l’obscurité nous ne nous y sommes pas arrêtés…
Site en français : ici.