Grâce aux ALF, j'ai pu découvrir dernièrement, une technique de teinture japonaise, un clin d'œil à ma mère, passionnée par les textiles. Seiju Yamazaki, une sommité dans ce domaine, présente ainsi la chose:
Aizome représente le bleu du ciel, de l'eau, de la mer et du Japon. "Ai" nous fait penser au pays natal et nous donne la sérénité de l'esprit.
Cette technique de teinture l'une des plus vieilles du Japon aurait été importée de Chine et évolué au fil des siècles. L'ère industrielle l'a quasiment fait disparaître. Et pourtant, à en croire ses défendeurs, cette technique confère aux tissus de multiples vertus :
  • tout d'abord, les tissus et papiers teintés à l'indigo éloigneraient les insectes, les serpents.
  • les sous-vêtements teints selon ce procédé permettraient d'éviter les problèmes d'irritations liés à la chaleur et divers problèmes de peau
  • les livres anciens recouverts d'indigo seraient dans un excellent état de conversation.
Bon de toutes façons au Japon, dès qu'il s'agit d'une tradition japonaise (quand bien même celles-ci dérivent souvent de traditions chinoises plus anciennes) c'est BON POUR LA SANTE !! C'est ce que vous diront toujours les japonais. Que ce soit le matcha, le natto, les chaussures de pailles tressées, la teinture aizome.... IT'S GOOD FOR HEALTH !

Le procédé de teinture est extrêmement simple :
le tissu est plongé dans une cuve d'indigo.

Pour obtenir une couleur homogène, on remue délicatement pendant 5 minutes puis on essore doucement. Pour obtenir une couleur plus soutenue on peut faire un deuxième bain, ou se contenter de bien aérer le tissu en l'exposant au soleil (la couleur se fixe avec l'oxydation). En effet, au sortir du bain, le tissu aura pris une couleur verte, quand celle-ci vire au bleu, on a la garantie d'obtenir un beau bleu profond. Pour finir, le tissu est rincé dans plusieurs bains successifs d'eau (éventuellement additionnée d'eau oxygéné)
La couleur se fixant par oxydation, les parties des tissus non exposées à l'indigo et à l'oxygène, ne seront pas teintées. Dès lors, il est très facile de réaliser toutes sortes de motifs uniques et sympathiques à l'aide d'ustensiles aussi variés que des élastiques, des pinces à linges, de petites boîtes hermétiques ou simplement en nouant le tissu bien fort.

C'est à l'atelier de teinture du village du folklore traditionnel japonais Nihon Minkaen à 20 minutes de shinjuku, que nous nous sommes rendues.

Voici ma réalisation :

j'ai utilisé des billes maintenues par des élastiques,

des pinces à linge de plusieurs tailles

et j'ai aussi fait des nœuds.

Maintenant, grand Al a un petit bandana de pirate japonais!

Le procédé était tellement facile, qu'on serait tenté de vouloir le reproduire chez soi. Le hic, c'est pour obtenir l'indigo : les feuilles séchées de l'indigotier sont mises à fermenter pendant tout l'hiver pour obtenir le sukumo. Puis un savant mélange de saké, chaux, cendre de bois, eau etc... est ajouté, le tout chauffé pour un second cycle de fermentation qui permettra d'obtenir l'indigo. Pour en savoir plus, c'est ici.