Sophie no sekai (le monde de Sophie)

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jeudi 25 mars 2010

Temple Kichijoji et parc Rikugien

Le temple Kichijoji à 5 minutes de la station honkomagome, se distingue par sa taille. Il s'agit d'un temple complet pourvu des 7 bâtiments traditionnels auxquels viennent s'ajouter des dortoirs pouvant accueillir jusqu'à 1000 visiteurs.

Ainsi, les piétions empruntant la longue allée menant au bâtiment principal doivent-ils en permanence se mettre sur le côté pour laisser passer des véhicules, chose peu courante dans les temples de moindre envergure.

Toit du préau de la cloche

détail de la porte principale

Ce temple est ouvert aux étrangers (parlant japonais) désireux de s'initier à la méditation zazen. Il appartient à la secte Zen Sôtô.
L’école Sôtô enseigne le Dharma bouddhiste authentique, transmis de génération en génération. Elle est arrivée de Chine pendant la période Kamakura, il y a huit cents ans. Pour en savoir plus c'est ici.

Lors de notre visite de quartier organisée par la mairie, nous avons pu visiter le temple et pénétrer dans la salle de prières face à l'autel, normalement interdite aux profanes.

Nous avons pu également nous initier à la posture du lotus nécessaire pour entamer toute méditation.

Ce même jour, nous avons eu droit à une visite guidée du jardin de Rikugi-en, jardin d'inspiration Waka (poème court traditionnel).

Il s'agit d'un jardin promenade avec collines et étangs. L'un des pavillons de thé construit en bois d'érable est remarquable, les piliers étant constitués des troncs enracinés des arbres.

Quelques cerisiers étaient déjà en fleurs faussement annonciateur d'un printemps précoce, il faisait 20°C ce jour là, deux jours plus tard, la température chutait à 5!

mardi 23 mars 2010

Mon ascension du mont Fuji en 45 secondes

L'accès au Mont Fuji est réglementé pour des questions de sécurité. Entre le 1er juillet et la fin août, l'ascension est réputée sans danger (à condition d'être bien équipé et préparé).

La croyance populaire accorde un caractère sacré au Mont Fuji, son ascension est source de bonheur éternel et assure une vie confortable. "Bien sûr", dans les temps anciens, seuls les hommes avaient accès à ce bonheur. Femmes, vieillards et enfants se voyaient refuser l'ascension sacrée du Mont Fuji.

Les moyens de transport de l'époque n'étant pas ceux d'aujourd'hui, il était difficile pour la plupart des hommes du peuple de faire le périple. Aussi, pendant l'ère Edo, une multitude de mini-Fuji appelé Fuji Zuka virent le jour et furent vénérés avec autant de dévotion que le célèbre mont.
Jeunes et vieux, hommes et femmes purent ainsi à proximité de leur lieu d'habitation partir à l'assaut du Mont. On retrouve aujourd'hui de nombreux Fuji Zuka dans Tokyo, dont le plus connu et celui de Komagome, à 3 stations de chez nous.

Après avoir atteint le sommet, on y achète les jours de fête, un petit serpent en paille porte bonheur qui apporte la bonne fortune et prévient de la maladie et des incendies. Bien qu'il n'y ait à l'origine aucune relation entre dieu et le caractère sacré des Fuji Zuka, ceux ci sont toujours rattachés à un temple ou sanctuaire. Le WE dernier, nous avons découvert grâce à la mairie de notre nouvel arrondissement, le Mont Fuji de honkomagome (7m de dénivellé).

Nous y avons admiré les premiers cerisiers en fleurs.

Pour y aller : 5-7-20 honkomagome, station Komagome ou honkomagome.

vendredi 12 mars 2010

Soleil japonais

On pourrait penser que le soleil au Japon revêt une importance particulière. N'est-ce pas le pays du soleil levant?

Pourtant, les habitants semblent redouter d'avantage les ardeurs du soleil que le froid de l'hiver à en juger par les constructions même les plus récentes où les balcons ont des avancées très longues et très basses (plus bas que le niveau du plafond). Lors de notre voyage de reconnaissance il y a plus de 3 ans, nous avions visité beaucoup d'appartements extrêmement sombres et j'avais donc laissé pour consignes à Stan (qui au cours de ses voyages ultérieurs devait choisir notre futur logement) de trouver quelque chose de lumineux. Je dois dire qu'il a parfaitement rempli sa mission.

Aussi, une fois que j'ai eu décrypté les papiers reçus le mois dernier dans la boîte la lettre, qu'elle ne fut pas ma surprise de comprendre que l'on s'inquiéta de l'ombre faite aux habitations par la construction de nouveaux bâtiments. C'est là que commence la tatamisation : 3 ans en arrière, j'aurai été surprise de trouver un document aussi détaillé concernant une construction ayant lieu en face de chez moi. Aujourd'hui ce n'est pas la richesse des détails qui m'étonne mais juste leur nature!

Le plan de notre (ancien) quartier

les nouvelles constructions de face et profil

le plan de circulation

et l'impact en terme d'ombres projetées aux différentes heures de la journée.

C'est une scène du film Madayo qui m'a rappelé que je voulais vous parler de ces documents.

lundi 8 mars 2010

Madadayo

Madadayo d'Akira Kurosawa

En 1943, lorsque le professeur Uchida décide de prendre sa retraite pour se consacrer à l'écriture, ses élèves, qui lui vouent une admiration sans borne décident d'organiser chaque année une grande fête regroupant tous ses anciens élèves. Le rituel est immuable: le professeur prononce un discours puis boit une grande chope de bière à la fin de laquelle il doit prononcer sans faiblesse l'expression "Madadayo" : "pas encore prêt" (à mourir).

Entre ces cérémonies, qui sont une sorte de fil rouge, le film dévoile la vie de l'ancien professeur, ses petits bonheurs (le thé avec ses anciens étudiants), et ses malheurs (la perte de sa maison bombardée, la fuite de son chat...). Le film s'achève 17 ans plus tard lorsque au cours de la grande fête annuelle, le vieux professeur fait une attaque. Au bord de la mort, il repense à son enfance en rêve.
La première impression de Stan est qu'il s'agit d'un film triste. J'ai trouvé au contraire qu'il y avait beaucoup de joie, de tendresse et d'espoir dans ce film, sans pour autant sombrer dans le larmoyant.

mercredi 3 mars 2010

techniques de jardinage japonaises

Le parc de koishikawa koraku, organise chaque année en novembre des cours de warabocchi. Contrairement à ce que je pensais initialement, il ne s'agit pas d'une technique pour protéger les arbres du poids de la neige mais pour se prémunir de la vermine.

Au début de l'hiver, la paille de riz est assemblée en botte pour attirer la vermine qui va s'y réfugier pendant l'hiver. Au début du printemps, les jardiniers récupèrent les warabocchi et les brûlent, tuant ainsi la vermine. Les cendres sont mélangées à la terre pour servir d'engrais.

On trouve souvent les warabocchi dans les champs cultivés, dans les pépinières et les jardins botaniques (où ils servent également de protection contre le soleil et contre la neige), au sommet des yuki-tsuri.

On en arrive donc au yuki-tsuri que je confondais avec les warabocchi. Le mot signifie "neige-protection". A la verticale de l'arbre (généralement les pins et parfois les pruniers et les cerisiers), est fixé un mat, du haut duquel partent des cordelettes de paille de riz. Ces cordelettes sont rattachées en bas à un arceau de bambou enveloppant l'arbre d'une tente de corde qui le protégera du poids de la neige en cas de forte chute.

On retrouve beaucoup cette technique dans les parcs de Tokyo alors même que la neige n'y est pas fréquente ni abondante.

Les troncs des pins sont également enveloppés dans une natte de paille en hiver. Sûrement une variante du warabocchi.