L'été dernier, j'ai été contactée par une éditrice belge qui avait un projet de livre pour lequel elle cherchait des collaborateurs. Le thème : la street food en Asie. 10 pays abordés, 10 collaborateurs recherchés notamment sur la toile. Mon blog a retenu leur attention et j'ai donc été contactée par ce biais. D'après eux, j'avais une bonne plume... Nous avons échangé plusieurs mails puis j'ai finalement accepté et commencé à travailler sur le projet. Je suis restée sans nouvelle pendant quelques semaines avant qu'ils ne m'apprennent qu'ils avaient finalement conclu l'affaire avec un autre "candidat" qui collait plus, notamment pour les photos. Je mentirais si je disais que je n'ai pas été déçue mais bon...

J'ai quand même poursuivi le travail... pour mes lecteurs du blog. Depuis cet été j'ai donc en stock une vingtaine de billets "street food" et je commence aujourd'hui (dans le désordre) avec un billet sur les sembeis car nous avons, le WE dernier, visité une fabrique de sembei grâce à l'association "Chiyoda friendship".
Métro, train puis bus nous ont mené à Souka, dans la préfecture de Saitama pour visiter Marusouichifuku une entreprise qui fabrique des sembeis.

Craquant, glacé à la sauce soja et parfois enveloppé d’une feuille de nori (algue séchée), le sembei est le snack japonais traditionnel.

Cette petite galette de riz cuite au four ou simplement grillée est vendu dans tous les lieux touristiques et se consomme sur place ou s’offre comme souvenir de vacances aux collègues de bureaux. On l’aime pour son craquant, sa couleur doré, ses saveurs multiples.

Mieux vaut avoir de bonnes dents pour croquer un sembei traditionnel. Heureusement, on en trouve aujourd’hui de toutes tailles et de dureté variée, parfumé au piment, au shiso, au crabe… il se décline même en version sucrée au matcha (thé vert japonais) ou au sucre blanc. Dans ces versions sucrées, la pâte de riz est parfois remplacée par de la farine de blé ou du riz soufflé. Suivant sa forme ou son parfum, son mode de cuisson ou son degré de craquant, il adoptera un nom différent (arare, kaki, zarame, genkotsu..) mais les amateurs ne s’y tromperont pas et sauront reconnaître un sembei quelque soit son nom.
Cette visite instructive me permet de compléter un peu le texte. Nous avons appris que pour faire les meilleurs sembeis, l'entreprise utilisait le meilleur riz qui soit (qui en aurait douté?).
De gauche à droite


Le riz est tout d'abord décortiqué puis réduit en poudre et cuit à la vapeur. Il est ensuite pilonné comme pour du mochi. Ensuite la pâte est pressée, laminée puis coupée à l'emporte pièce. Les rondelles sont ensuite séchées soit à l'air libre pour la méthode ancestrale soit au four (beaucoup plus rapide).

Enfin, les galettes sont grillées : il faut pour cela les retourner sur la grille très régulièrement pour ne pas qu'elles brûlent et les aplatir lorsque des bulles de forment.


Nous avons eu l'occasion de réaliser nous même cette dernière étape. Un minimum de dextérité est nécessaire puisque le maniement des baguettes est requis.



Dernière étape, on enduit la galette de sauce soja puis on déguste accompagné de thé.


L'employé de l'entreprise que nous avons visité nous a fait un laïus, très japonais : "Les vrais sembeis sont ceux qui sont très durs. Aujourd'hui, tout le monde préfère ceux un peu moins dur mais c'est une erreur, il faut préférer les durs".

En matière de goût et de préférence on ne choisit pas...
Personnellement, comme tous les participants, je préfère ceux qui sont craquant sans être pour autant casse-dent. A chacun de mes passages à Asakusa, je ne manque pas d'acheter des sembeis dans l'allée ultra touristique qui mène au temple Senso-ji.



Mes préférences vont au classique glaçage à la sauce soja mais j'affectionne aussi la version frite et salée (attention la ligne).
Cette visite fut une journée fort sympathique.

Avec en souvenir des sembeis self-made. Plutôt réussi non?

Et pour finir, une petite question : quelles sont les sembeis qui contiennent le plus d'humidité : les plus durs ou les moins durs?