De Matsumoto nous n'avions prévu de visiter que le château. Arrivés le soir dans la ville, nous avons eu l'occasion de nous promener dans les rues qui bordent la rivière Metoba enjambée par de nombreux ponts aux formes arrondies. Nawate dori est une rue piétonnière bordée de petits commerces. Le début de la rue est marqué par une imposante statue de grenouille samouraï.

Le thème de la grenouille est récurrent tout au long de la rue : statues de pierre, de bois, autel...

Une autre rue sympathique à découvrir : la nakamachi dori, les maisons y sont de style namako kabe (carreau d’ardoise en losange, jointés au plâtre). Nous avions découvert cette architecture à Shimoda l'an passé. Dans mon guide de voyage sur le Japon, les sites sont souvent présentés comme étant les plus ci ou les plus ça. Le plus beau/ grand/ vieux jardin japonais/zen, le plus vieux château, le plus haut ou le plus grand etc...

Concernant le Matsumoto-jo, mon guide nous apprend qu'il s'agit du plus vieux château en bois du Japon et l'un des 4 a avoir été déclaré trésors nationaux avec ceux d'Himeji, Hikone et Inumiya.

Il doit son surnom de "corbeau" a sa couleur noire.

Ce château du XVIème siècle fut construit pour la guerre (sans jamais la connaître). On y retrouve en effet douves, murs épais, meurtrières de formes variées (pour s'adapter aux armes)... beaucoup d’éléments semblables à ceux des châteaux du Moyen-Age à une exception près : il est fait de bois (comme souvent au Japon).

Les couloirs sont suffisamment larges pour permettre à un samouraï en arme de se déplacer en hâte, en revanche il vaut mieux se montrer prudent dans les escaliers, surtout aux étages supérieurs (porte bébé très utile).

Le château se visite entièrement, des tours en anglais sont proposés gratuitement, ça vaut le coup. On découvrira à l'intérieur une collection d'armes à feu et on pourra même voir de quoi sont fait les murs!

Le dernier étage du donjoin abrite un petit autel dédié au dieu Nijuroku-ya-shin, dieu des 26 nuits, protecteurs du château.

A chaque extrémité du toit les shachihoki protecteurs préservent le château des incendies. Issu du folklore japonais ce poisson à tête de tigre a le pouvoir de contrôler la pluie ; il orne souvent le toits des temples et des châteaux.

A la fin de l'ère Meiji, quand le système féodal est aboli le château est embelli. Deux ailes aux larges fenêtres sont ajoutées ainsi qu'un pavillon d'observation de la lune ( tsukimi yagura).

On pénètre dans le château en empruntant un joli pont rouge,

on ressort par les deux portes :
Kuro-mon (porte noire, intérieure)
et Taiko-mon (extérieure)