Sophie no sekai (le monde de Sophie)

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lundi 31 août 2009

Les élections japonaises

Ce WE les japonais ont élu leurs nouveaux députés. Enfin, quand je dis ce WE, cela fait 15 jours que les gens votent. Car ici, il est possible de voter par anticipation. Il suffit d’évoquer un empêchement professionnel ou personnel (absence, voyage, vacance) et aucun justificatif n’est nécessaire. Ce système qui s’ajoute au vote par procuration a permis d’augmenter le taux de participation de façon significative. Il faut dire que ces bureaux de vote sont judicieusement situés dans les gares ou les centres commerciaux. Plus d’excuse pour ne pas aller voter.

Comme lors des précédentes élections, je vous propose de zoomer sur un candidat… tout sourire : Et pour cause ! : si l’on va sur le site internet qui est mentionné sur l’affiche, on tombe sur : la smile therapy association fondation.

Voilà qui prête à sourire. Autres candidats particuliers : ceux du parti de la réalisation du bonheur. Emanant du kofuku-no-kagaku (inscrit sur la liste des sectes par l’état français) je doute qu’ils puissent se présenter en France. Il ont un grand temple plutôt tape à l’œil à proximité du temple des 47 rônins. C’est en cherchant ce dernier que nous nous étions fait accoster en janvier dernier par un membre qui cherchait visiblement à nous « enrôler ».

Pour en revenir aux élections :
Après 54 années de pouvoir absolu, le parti conservateur est balayé par le parti démocrate. La crise et les scandales à répétitions n’ont pas aidé un parti trop libéral aux yeux des japonais qui semblent découvrir la pauvreté et l’exclusion (pourtant pas nouvelle au Japon). Et le parti démocrate avait de bons arguments pour faire voter en sa faveur
une population vieillissante :

  • Création d'une "retraite minimum garantie" de 70.000 yens par mois (520 euros). (Je ne sais pas comment on fait pour vivre avec si peu d’argent au Japon si on n’est pas propriétaire de son logement)
  • Réduction d'impôts pour les retraités.
  • Suppression d'une réforme qui avait augmenté les frais médicaux pour les plus de 75 ans.
Pour tous les laisser pour compte du système libéral
  • Augmentation du salaire minimum jusqu'à 1.000 yens de l'heure (7,4 euros). (ce n’est pas du luxe, car ce n’est pas en faisant les 35h que vous pourrez vivre dignement avec un tel salaire, en particulier dans les grandes villes)
  • Création d'une allocation de 100.000 yens par mois (740 euros) pour les sans-emploi ayant épuisé leurs droits au chômage et suivant une formation.
  • Interdiction de l'interim dans les usines. (En 2008, plus du tiers de la main d'œuvre au Japon était constituée de travailleurs précaires, contre seulement un cinquième en 1990).
La famille n’est pas oubliée avec notamment la gratuité des frais de scolarité dans l'enseignement secondaire public (et oui, pour l’instant ce n’est pas gratuit).
Et encore :
  • Gel jusqu'en 2013 de toute hausse de la taxe sur la consommation (Elle n’est que de 5% au Japon….).
  • Gel de la réforme de la Poste (services postaux, banque et assurance). (Ici aussi…)
En bref : la quasi-totalité des promesses s'adressent aux ménages et aux plus démunis. Le parti prévoit aussi d'abaisser de 18 à 11% l'impôt pour les petites et moyennes sociétés, et de subventionner les produits "verts" comme les voitures hybrides ou électriques et les panneaux solaires. Dans le même temps, il promet aussi la suppression des péages d'autoroutes et réduction des taxes sur l'essence. Voilà bien deux mesures contradictoires. Et la taxe carbone ?
Un programme ambitieux que les économistes trouvent peu réaliste. Le Japon est le pays développé le plus endetté du monde, (la dette atteint presque deux fois le montant PIB).

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samedi 29 août 2009

Après les mondiaux de Berlin, le show japonais

vendredi 28 août 2009

Souriromètre

Condition de travail au Japon, suite (...)

Au Japon, les clients, habitués à être choyés, sont intraitables sur la qualité du service.
Dans les commerces, ils ne comprendraient pas de subir les sautes d'humeur des employés, lesquels se savent payés pour contenter la clientèle, ainsi que pour valoriser l'image de la société dont ils portent l'uniforme.

En général, les usagers des chemins de fer ont de quoi être satisfaits: le distributeur de tickets dix fois plus rapide que le vendeur, le portillon "80 passagers-minute" infaillible, le commis sur le quai immédiatement disponible, les annonces sur-le-champ à la moindre anomalie, le train immanquablement à l'heure, le contrôleur en faction à la sortie prêt à répondre à toutes les questions et ... le sourire de la guichetière :

Chaque matin, les préposés aux guichets répètent à haute-voix les mots d'accueil et d'excuses rituels jusqu'à l'intonation parfaite.
Une compagnie ferroviaire de la conurbation de Tokyo, a installé, dans 15 stations, un dispositif pour juger si son personnel est assez souriant sans être hilare, et aider à décrisper les mines renfrognées. Ce "souriromètre", composé d'un ordinateur doté d'un logiciel spécial et surmonté d'une caméra, situe dans l'instant un visage sur l'image et évalue en temps réel si la personne sourit, lui affublant sur la tête une note de 0 à 100. Des conseils, sous forme de sous-titres sont donnés automatiquement pour parfaire la risette.

Il est possible d'enregistrer la vidéo et d'imprimer des photos, "de sorte que chacun puisse conserver un cliché dans son casier et s'entraîne à être plus accueillant". Une option permet de mettre en concurrence deux salariés sur le même écran, pour que le plus coincé imite le plus gracieux.

Ce mode n'est pas perçu comme une sanction humiliante mais comme un mode ludique d'émulation.


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jeudi 27 août 2009

Les tourbillons de Naruto, Tokushima préfecture

Le festival d’Awa Odori attire des centaines de milliers de personnes chaque année. Aussi, quand Stan a recherché un hôtel deux mois seulement avant le début du festival, il s’est heurté à quelques difficultés. Et ce n’est donc pas à Tokushima mais sur une île voisine Awaji-shima que nous avons séjourné.

Pour nous rendre d’une île à l’autre nous devions emprunter le célèbre pont Naruto-Ohashi. Le pont surplombe le détroit de Naruto, à la confluence de l'océan Pacifique et de la mer intérieure de Seto.

Aux changements de marée, lorsque l'eau de mer s'engouffre dans le détroit, des tourbillons se forment spontanément. Le phénomène s’observe deux fois par jour et sa puissance varie avec les marées.

Il est visible depuis une plateforme d’observation

mais peut être également observé en se rendant sur place en bateau ou pour les moins téméraires en empruntant l'Uzu no michi, un chemin long de 450 mètres qui passe sous l'entablement du pont et qui chemine à 45 mètres au-dessus des flots.

45 mètres au dessus des flots.

mercredi 26 août 2009

Surveillés à la loupe

Les conditions de travail au Japon...

"Salarié Yamada, comme l'indique ce rapport, vous conduisez trop brutalement, vous passez trop vite devant les écoles, nous allons vous faire suivre un nouveau stage".
Au Japon, qu'un entrepreneur s'adresse ainsi à un de ses livreurs en se fondant sur les relevés du GPS et de capteurs installés dans un camion n'est pas considéré comme révoltant. Il s'agit d'optimiser la production, le service, la qualité, la sécurité et l'efficacité. Mais ce suivi des personnes, n'est-ce pas une atteinte à la liberté?
Dans un pays obnubilé par le culte du mieux, les travailleurs estiment que si leur employeur les regarde, c'est qu'il est soucieux de ses affaires, attentif à ses ouailles, et qu'il est donc un bon patron.

Nobuo Sato, du laboratoire de recherche avancée de Hitachi a imaginé un "business microscope". Ce badge électronique à porter autour du cou permet d'enregistrer et de visualiser la fréquence de dialogue en vis-à-vis entre les différents membres d'un service ou de l'entreprise dans son ensemble. "J'ai conçu ce système pour aider à repérer des lacunes de communication entre personnes censées travailler ensemble, afin de les rendre plus efficaces. Mais je ne voudrais pas que cela soit utilisé à des fins de flicage ni de sanction", prévient-il.

Les salariés japonais sont à ce point bien disposés qu'ils ne se mettent pas en grève quand la caisse enregistreuse à la cantine, une vraie mère électronique, les reconnaît et leur rappelle qu'ils ont déjà mangé des tempura (fritures) la veille et qu'ils devraient se contenter ce midi de nouilles de konyaku à 5 kcal les 100 grammes...

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mardi 25 août 2009

Les Udons de Shikoku

Sitôt rentrés でFrance, nous partions pour le sud du Japon à Shikoku, la quatrième île du Japon en superficie. Au programme le festival d’Awa Odori, 2 temples parmi les 88 sacrés de l’île, les tourbillons de Naruto, des cascades et des ponts de lianes dans la vallée de l’Iya et les 1368 marches du sanctuaire Kompira san. Mais nous avions négligé un facteur d’importance : deux enfants en bas âge, c’est très consommateur de temps… Et nous n’avons donc pas tout fait.

L’île de Shikoku permet de s’immerger dans un Japon méconnu disent les guides. 3 jours, c’était trop court pour une immersion mais nous avons bien senti que nous n’étions plus à Tokyo. Trop court aussi pour faire le pèlerinage aux 88 temples (entre 30 et 60 jours de marche (…)). En revanche largement suffisant pour comprendre que la spécialité culinaire de l’île sont les udons.

Difficile d’éviter ce plat en effet, il est proposé dans toutes les auberges, et rares sont les restaurants qui n’en n’affichent pas à leur carte.
Les Udons sont des nouilles faites à partir de farine de blé, d’eau et de sel. Généralement épaisses –entre 2 et 4mm- elles sont assez longues…

Nous trouvons ce plat assez bourratif et n’avions pas prévu d’en consommer. Mais encore une fois, difficile d’y échapper quand on séjourne à Shikoku. Ces nouilles peuvent être consommées en soupe (kake-udon), chaude (kame-udon) ou plus généralement froide (zaru-udon), notamment en été. Elles sont alors présentées sur un tamis de bambou et accompagnées de sauce soja et de poireaux émincés dans lesquelles on trempe les nouilles.
Il y en a au moins un qui s’est régalé !

lundi 24 août 2009

Nous voilà de retour … en un seul morceau

Tout d’abord un grand merci à toutes celles et ceux qui m’ont souhaité de bonnes vacances.
Nous sommes rentrés mercredi 12, inquiets de savoir dans quel état nous retrouverions l’intérieur de notre appartement. Entre le « gros » tremblement de terre -7,1 sur l’échelle de Richter à l’épicentre et 6,4 à Tokyo- qui s’était produit quelques jours auparavant et le typhon qui était prévu la veille de notre arrivée, nous avions de quoi nous inquiéter.
Chez nous, aucun dégât à signaler, voilà qui nous rassure. L’immeuble est de construction récente (nous sommes les premiers locataires) et pas un livre n’est tombé d’une étagère, pas une babiole par terre, aucun pot de fleurs renversés.

Impressionnant mais « seulement » 109 blessés et 1 mort. Des dégâts matériels raisonnables (tout est relatif) et beaucoup de retard dans les transports.
Certains penseront que nous devons finalement regretter de ne pas avoir ressenti le gros frisson. Ils se trompent : nous devons encore rester quelques temps ici et je préfère éviter de rester la peur au ventre car quand on lit la presse, certaines prévisions sont plus qu’alarmantes alors y ajouter une expérience comme celle là, très peu pour moi. Extraits choisit :

  • Les experts du Comité de recherche sur les séismes estiment à 87% les risques de voir le "séisme du Tokai" survenir d'ici 2040. La région de Tokyo vit également sous la menace d'un autre "Big One", qui devrait frapper dans les 30 prochaines années avec une probabilité de 70%.
  • Katsuhiko Ishibashi, sismologue est [lui aussi] convaincu que cette secousse "peut avoir accéléré les activités conduisant au séisme du Tokai".
  • Kishie Shigekawa, experte en prévention des désastres en zone urbaine, conseille de renforcer les mesures de prévention en prévision du "Big One" mais avertit : "Le séisme du Tokai sera si violent que tout ce qu'on pourra faire en termes de prévention ne devrait malgré tout pas être suffisant".
  • A Kobe en 1995, le séisme responsable de la mort de 6 500 personnes n’était que de 0.2 supérieur à celui-ci.
« côté frisson », nous avons ressenti le troisième tremblement de terre de cette série, le lendemain de notre arrivée (6,7 à l'épicentre).

Et pour conclure par une note optimiste : Le système d'envois de mail pour des secousses d'une intensité supérieure à 3 (sur l’échelle japonaise) à bien fonctionné et c'est avec 2 secondes d'avance que les Japonais équipés d'un téléphone nouvelle génération ont pu être prévenus d'un séisme imminent ; mais que peut-on faire en deux secondes sauf à retirer son scalpel du ventre du patient quand on est chirurgien (réminiscence de mes angoisses de grossesse) ?