Troisième volet de la série qui arrive bien après les événements.
Accoucher au Japon, c’est comment ? Ca fait peur ? etc…
Voilà des questions auxquelles j’ai du répondre maintes fois après la naissance de grand Al puis de petit Em. Mon expérience dans le domaine étant uniquement japonaise, difficile pour moi de faire un comparatif, tout juste quelques réflexions.

La tendance au naturel
L’accouchement est moins médicalisé qu’en France. Il faut laisser faire la nature ici. Ainsi, l’allaitement est très favorisé (et on retrouve dans les grands magasins des isoloirs pour donner le sein en toute intimité), en revanche, la péridurale n’est que rarement proposée..
Le personnel de la maternité
Mon expérience se limite à un hôpital plutôt huppé je ne peux pas généraliser à l’ensemble des maternités japonaises.
Le personnel, en nombre et disponible est aux petits soins. Les sages femmes massent le dos pendant les contractions, accompagnent les patientes dans leurs déplacements, encouragent, etc… Tout le personnel revêt un uniforme impeccable, complété d’une jolie petite coiffe et passe son temps à s'excuser, avant d'entrer dans la chambre, avant de pratiquer un geste (prise de tension, de température, pose d’une perf... )


Pour un hôpital qui se veut international, le personnel parle peu ou pas l’anglais. Si en plus vous faite étalage de vos connaissances linguistes en japonais, vous n’entendrez plus parler un mot d’anglais. Stan a parlé en japonais aux infirmières : pendant toute la durée du séjour, celles-ci s’adressaient à moi exclusivement en japonais.
Le séjour à la maternité
Au Japon, les normes de sécurité dans les bâtiments publics sont importantes et rappellées partout même sur le berceau:

Ici aussi on respecte le code quasi universel bleu pour les garçons, rose pour les filles. Ainsi, j’ai eu droit à un petit bracelet d’identification de couleur bleu. A ce bracelet, s’ajoute un deuxième, portant le numéro de naissance de l’enfant. Le 15 janvier, nous en étions déjà au numéro 60.
Pour grand Al le 6 avril nous en étions au numéro 428.

En France, les maternités disposent de nurseries équipées de table à langer et de baignoire pour le bain. Ici, rien de tel : on change bébé dans son berceau, et le bain, n’étant pas donné avant le 3ème ou 4ème jour (donc un seul bain pendant le séjour), la baignoire se trouve dans le local où les infirmières donnent des cours pour devenir de bons parents.

Que prévoir
Pour bébé, vous n’avez besoin de rien si ce n’est les vêtements qu’il portera le jour de sa sortie. Le reste du séjour, il portera un petit kimono hospitalier. Très pratique pour changer le nourrisson sans le déshabiller.

C’est d’ailleurs le seul avantage car avec ce vêtement, taillé trop grand (non ce n’est pas petit Em qui est petit !) le bébé qui passe son temps à gigoter est vite débraillé, les jambes à l’air.

Est-ce une nouveauté 2009 ou les dimensions inhabituelles de petit Em ( ?), l’hôpital nous a offert le dernier jour un petit kimono en tissu éponge fin au blason de la maternité. Trop kawaiiiii !

Les repas
Ce n’est pas pendant une hospitalisation, que l’on souhaite le plus s’adonner à la gastronomie japonaise. Heureusement, il est possible dans cet hôpital de choisir entre style occidental ou japonais. Ce n’est pas que le poisson au petit déjeuner m’aurait gêné, mais répété tous les jours à chaque repas et accompagné de riz, après une opération, très peu pour moi.
Version occidentale donc, et rien à redire : potage, crudité, plats consistant mis sous cloche pour qu’il reste chaud, fruit et gâteaux accompagné de thé, au Japon, une maman doit reprendre des forces en mangeant.

L’hygiène
Alors que l’on se déchausse à toute occasion, ici, on garde ses chaussures et on marche sur de la moquette !! Pas terrible pour l’entretien mais quel confort : les lieux paraissent tout de suite plus calmes.
Les souvenirs
En France, on repart souvent avec les empreintes des pieds du bébé. Ici, c’est un peu plus gore : un bout du cordon ombilical offert dans une jolie boîte en bois. Il faut bien le faire sécher à l’air pour éviter qu’il ne pourrisse, ensuite pas de problème. (Celui d’Alexandre a survécu à l’humidité estivale)

Le retour à la maison : consignes aux parents
Alors que je crois qu’en France on conseille toujours de bien couvrir la tête des nouveaux nés, ici ça ne se fait pas. De même, les pieds sont souvent découverts. D’ailleurs on trouve difficilement des pyjamas avec pieds type grenouillère, et les nids d’ange sont souvent ouverts en bas.
Et pour finir, un peu d'humour :
Voir le billet précédent : ici