mardi 3 février 2009
Setsubun à Hosen-ji – Nakano
Par Sophie de Novion, mardi 3 février 2009 à 10:34 :: Culture et traditions au Japon
Bien que le soleil n’ait pas été au rendez-vous, la météo pour setsubun était plus clémente que l’année dernière.
C’est au temple Hosen-ji que nous nous nous sommes rendus pour chasser les démons et fêter l’arrivée du printemps. Car en dépit du calendrier météorologique, c’est au 4 février que les japonais attribuent risshun, le premier jour du printemps. Et pour l’occasion, il faut chasser les démons.
Pour ce faire, les gens autrefois accrochaient devant la maison des choses puantes, telles des têtes de sardines. De nos jours la préférence va aux branches d'épineux ou de houx. L’objectif reste le même, les odeurs en moins !
Pratiqué aussi bien à la maison que dans les temples, le mame maki (lancer de haricot) est un rite vieux de 1000 ans et qui perdure aujourd’hui ... La tradition de jeter des graines de soja pour chasser les démons viendrait d’un prête bouddhique qui il y a 1000 ans, exorcisait les démons en leur jetant des haricots, ceux-ci fuyant alors pour ne pas devenir aveugle….
Pour en savoir plus sur les démons et les rites c’est ici (blog en anglais).
A Tokyo, le temple Senso-ji à Asakusa ou le temple Zojo-ji à Hamamatsucho sont des lieux très courus pour le mame maki. Des vedettes de la télé ou des sumos prennent part aux cérémonies.
A Nakano, moins de foule et plus de folklore.
La cérémonie commence par l’arrivée de bonzes guerriers qui s’installent autour de l’emplacement où se tiendra le feu sacré.
Les bonzes (hommes et femmes) portent des costumes amples de toiles brutes et de couleurs sobres. Ils sont accompagnés de prêtes.
Certains jouent de la conque. A la suite d’un rituel occulte, le feu est mis au tas de branches de pin réunies dans un espace délimité par ces fameux papiers pliés les kamishidés.
Commence alors une distribution de boisson et mikan (mandarine) auprès des spectateurs qui font la queue (ce qui n’est pas sans rappeler la distribution de l’hostie dans une église).
Ensuite a lieu le mame maki quelque peu déformé : en effet, les haricots de soja sont remplacés par des gousses de cacahouètes … et de mandarines.
Le lancer de mandarine, voilà bien une chose étrange et quelque peu dangereuse. Nous nous éloignerons vite pour protéger d’un projectile inopportun petit Em qui dort tranquillement dans sa poussette.
