Les "4 trésors" du calligraphe
Par Sophie de Novion, vendredi 24 octobre 2008 à 12:10 :: Culture et traditions au Japon :: #386 :: rss

"Automne" (aujourd'hui, pluie serait plus adapté mais je n'ai pas encore ça en rayon....)
Il ne faut pas beaucoup de matériel pour débuter mais cela nécessite tout de même un petit investissement. 4 éléments sont incontournables, on les appelle les 4 trésors du calligraphe.
- Le pinceau "fude" de calligraphie est fabriqué avec des poils d'animaux (chèvre, cheval, blaireau...), et peut en contenir jusqu'à une dizaine de sortes différentes. Cette variété de matériau permet d'avoir des pinceaux de différentes flexibilité ou dureté, pour pouvoir varier l'épaisseur du trait. La hampe en bambou de section circulaire mesure au moins 18 cm sur 1 de diamètre. A défaut, utiliser des pinceaux à poils de martre ou de boeuf n° 14.
Lors d’une première utilisation, les poils des gros pinceaux sont rincés à l’eau pour éliminer l’apprêt. Par la suite, le pinceau est trempé directement dans l’encre. En fin d’utilisation, il est rincé puis mis à sécher verticalement. Pour débuter, il est conseillé d’utiliser un pinceau dont les poils feront entre 4 et 6 cm, pas trop souple. - L'encre utilisée en calligraphie "sumi" est obtenue en mélangeant de la suie générée par du bois avec de la colle d'origine animale. Ce mélange est traditionnellement séché sous forme de bâtons solides qui, au moment de l'utilisation, sont frottés avec un peu d'eau pour générer l'encre liquide. Il existe également depuis l'ère Meiji de l'encre liquide ("bokuju") d'un usage plus pratique, mais (d'après les puristes) d'une qualité moindre...
- La pierre à encre "suzuri" est fabriquée soit à partir d'une pierre sculptée (telle que l'ardoise), soit à partir de claie cuite à haute température. Elle sert à la fois de support pour la préparation de l'encre en bâton et de réservoir, grâce à une partie légèrement creusée. La mienne est très banale

mais il en existe de très belles.
A défaut, utiliser une assiette en argile cuite non émaillée.
- Le papier utilisé en calligraphie ("hanshi") est nettement plus fin que le papier courant, avec un côté absorbant, l'autre légèrement brillant sur lequel on écrit. A défaut, on peut utiliser du papier dit offset calendré, peu encollé, légèrement poreux. Très économique aussi pour l'entraînement : la papier journal.




ainsi qu'une surface absorbante ("shitajiki"), comme de la feutrine, où poser le papier. Le pinceau lorsqu’il n’est pas utilisé repose sur le fude-oki. Il existe en fait un cinquième trésor du calligraphe :le Hanko c'est-à-dire le sceau qui sert à signer l’œuvre, souvent à l’encre rouge.
J’ai débuté la calligraphie récemment et me suis donc équipée en conséquence.
Dans ma mallette, se trouvait un tapis ressemblant au makisu (le tapis à rouler les sushi). Aucune des participantes au cours n’avait idée de son utilisation. Il sert en fait à protéger les pinceaux lors du transport. Cela s’appelle un pincelier.

Le même matériel est utilisé pour le sumi-e, billet à venir prochainement.
Pour m’entraîner, voici ce que j’ai trouvé récemment :

un papier magique à l’image de l’ardoise magique. On écrit avec de l’eau, celle-ci laisse une trace qui disparaitra en séchant. Pour régénérer le papier, il suffit de le mouiller intégralement et de le faire sécher à son tour. C’est du moins ce que j’ai compris d’après les explications suivantes :

Ne reste plus qu’à tester…
Prochain article en lien : le sumi-e.

Commentaires
1. Le samedi 1 novembre 2008 à 17:21, par Sabine (grand orateur)
2. Le samedi 26 mai 2012 à 12:37, par Titam (1er message)
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