Pour la première fois je remplace Sophie et je prends ma plume pour vous décrire cette première expérience.
J'ai en effet passé un examen officiel au Japon, précisément le 4eme niveau du JLPT.
JLPT signifie Japanese Language Proficiency Test, il s'agit d'un test similaire au TOEIC, qui montre l'aptitude à communiquer en japonais. Ce test est par exemple généralement demandé pour qu'un Gaijin (non-japonais) travaille dans une entreprise Nippone ; dans mon cas je passe l'examen par pur... plaisir ?
Première étape
La décision.
Après de longues discussions avec ma professeur de japonais nous nous mettons d'accord en juin 2007 pour que je passe l'examen en décembre. L'épreuve n'a lieu qu'une fois par an, et en 2007 ce sera le dimanche 2 décembre. Les documents pour l'inscription sont disponibles à partir de la mi-juillet, il s'agit d'une enveloppe que l'on achète chez certains libraires (genre Kinokyunia, la librairie la plus connue au Japon). A l'intérieur de l'enveloppe se trouvent le bulletin d'inscription, ainsi qu'un petit carnet explicatif. C'est bien fait, même si on sent l'amour des japonais pour les formalités administratives et pour les papiers. Après avoir rempli le bulletin je dois payer des droits d'inscription à la poste et demander qu'on tamponne le formulaire. Ensuite on renvoie le tout et c'est bon. Une remarque il faut absolument avoir son nom inscrit sur sa boîte aux lettres, sinon pas de résultat !




Deuxième étape
La préparation.

Le niveau 4 du JLPT correspond à l'aptitude à engager une conversation simple et à écrire de courtes phrases. Précisons qu'en japonais une conversation simple signifie TRES simple (genre "je vais en train à Osaka"). La préparation s'est faite avec les cours de ma professeur suivant la méthode 'Minna no Nihongo', avec l'apprentissage (sérieux) des 100 premiers Kanji, ainsi qu'avec un bachotage sur les cahiers d'exercices des examens des années précédentes. Ah les Kanji... pourtant il suffit d'apprendre les caractères suivant:




Troisième étape
Le JLPT

Le rendez-vous est donné sur le campus de la Todai (Tokyo Daigaku, l'université de Tokyo), il fait beau, même si la température est un peu fraîche. Beaucoup de monde dans le métro pour un dimanche matin, et je n'ai jamais vu aussi peu de japonais. La population immigrée ne représente que 1,6 % de la population au Japon, ce qui est l'un des taux les plus faibles de tous les pays industrialisé, néanmoins la rame de la Den-En-Toshi line est aujourd'hui composée à 90 % d'américains, de Thaïlandais, de Coréens... et de Français.




La campus lui-même est assez joli, avec les arbres aux feuilles jaunies par la fin de l'automne. L'ambiance est identique à celle entourant les examens en France, comme au bac (souvenir souvenir) ; entre étudiants nous nous regardons avec un sentiment mitigé de compétition et de solidarité, des groupes se forment selon les nationalités ou les affinités. Je rencontre un collègue de mon entreprise, indien dont la femme passe aussi le niveau 4, j'aperçois quelques connaissances françaises. Beaucoup des étudiants sont très studieux, révisant les Kanji jusqu'au dernier moment.




...




Le test a lieu dans une salle de classe de l'université, les places sont attribuées, il y a 3 surveillants. Le tableau est un vrai tableau à craie, il est vrai que les tableaux blancs type Velleda ne semblent pas être entrés dans les mœurs des lycées et université japonais (cf. notre billet sur l'Ecole Banchô). Cela donne une ambiance vieux jeu, mais sympathique, comme un lycée français des années 80. La seule différence est le mot que prononce notre surveillant à la fin de l'épreuve :
'o tsukare sama deshita'
littéralement 'vous devez être fatigués d'avoir bien travaillé, (expression honorifique)'




Bref toujours est-il que le test se déroule tranquillement, avec des pauses régulières, je fais connaissance avec mon voisin, un français qui travaille dans un banque ; nos premières impressions : la première partie (vocabulaire et Kanji) très facile, la deuxième partie (compréhension orale) plus difficile, et la dernière partie (grammaire) franchement difficile. Apparemment cet avis est partagé de tous (sur internet, des autres français que je rencontre). Nous souhaitant bonne continuation, nous rentrons vaquer à nos occupations, en attendant les résultats (dans deux mois, malgré l'utilisation de cartes électroniques pour le test...)